Économie bleue : le Maroc accélère sa stratégie maritime globale
Les lampions se sont éteints sur le Salon international des ports et de l’économie maritime (SIPORTS 2026), mais les messages portés par Zakia Driouch continuent de résonner. À travers une intervention structurée, la secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime a plaidé pour une transformation profonde du modèle de développement maritime, en érigeant l’économie bleue en pilier stratégique.
Dès l’ouverture, la responsable gouvernementale a souligné que le Maroc place désormais le développement maritime au cœur de ses priorités nationales. Cette orientation s’inscrit dans une vision globale visant à concilier croissance économique, préservation des ressources naturelles et inclusion sociale. La mise en place, en 2023, d’une commission nationale dédiée à l’économie bleue, rattachée au chef du gouvernement, traduit cette volonté de coordination entre les différentes politiques publiques.
Dans ce cadre, la modernisation du système portuaire apparaît comme un axe central. Des infrastructures stratégiques telles que Tanger Med, le port de Casablanca ou encore le futur port d’Arla Atlantique ambitionnent de renforcer le positionnement du Royaume comme hub incontournable entre l’Afrique, l’Europe et le reste du monde.
La pêche maritime constitue également un moteur essentiel de cette dynamique. Avec 22 ports de pêche, plus de 40 points de débarquement et une flotte diversifiée, le Maroc s’est hissé au premier rang africain en 2024, atteignant environ 1,4 million de tonnes de produits débarqués. Ce secteur génère des retombées économiques significatives, tant en matière d’emploi que d’exportations, avec des centaines de milliers de personnes directement impliquées dans la filière.
La feuille de route 2025-2027 prévoit un renforcement des mesures de durabilité, notamment à travers l’extension des zones marines protégées. L’objectif est de passer de moins de 1 % à 10 % des eaux nationales, une évolution majeure qui vise à préserver la biodiversité tout en garantissant une exploitation responsable des ressources halieutiques.
Au-delà des frontières nationales, Zakia Driouch a insisté sur l’importance de la coopération internationale. En tant que carrefour entre l’Atlantique et la Méditerranée, le Maroc adopte une approche fondée sur la solidarité et le partage d’expertise, en particulier dans le cadre de partenariats sud-sud. Des initiatives concrètes ont été déployées dans plusieurs pays africains, contribuant à structurer les filières locales de pêche et à améliorer les conditions de vie des communautés côtières.
Sur le plan multilatéral, le Royaume renforce également ses engagements auprès d’organisations internationales telles que Organisation des Nations unies, FAO et Banque mondiale. L’objectif est clair : faire face collectivement aux défis liés à la gouvernance des océans, à la durabilité des ressources et à l’innovation technologique.
En plaçant l’océan au centre de son modèle de développement, le Maroc affiche une ambition affirmée : devenir une référence mondiale en matière d’économie bleue. Un cap qui repose sur une conviction forte, exprimée par la secrétaire d’État : la protection et la valorisation durable de l’océan constituent une responsabilité partagée, à la croisée des enjeux économiques, environnementaux et sociaux.
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