Expulsions américaines vers l’Afrique : deux Marocaines finalement de retour au pays
Deux ressortissantes marocaines expulsées récemment des États-Unis dans le cadre d’un dispositif migratoire impliquant un pays tiers, le Cameroun, sont finalement rentrées au Maroc. Leur retour s’inscrit dans une série d’expulsions visant plusieurs migrants africains transférés vers des pays tiers, en dehors de leur pays d’origine.
Selon des informations rapportées par des acteurs juridiques et humanitaires présents sur place, ces deux femmes faisaient partie d’un groupe de dix-sept personnes expulsées vers le Cameroun. Parmi elles, quatre ont quitté le territoire camerounais pour rejoindre leur pays d’origine, notamment le Maroc, l’Angola et le Sénégal.
D’après un avocat camerounais ayant suivi leur arrivée à Yaoundé, la justice américaine avait pourtant estimé que les craintes exprimées par les deux Marocaines concernant leur sécurité en cas de retour au Maroc étaient fondées. Malgré ces évaluations, elles ont été renvoyées vers un pays tiers avant de pouvoir regagner leur pays d’origine, où elles vivraient désormais dans la discrétion.
Les treize autres migrants concernés par cette opération restent actuellement au Cameroun, dans un centre d’accueil géré par les autorités locales en collaboration avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Ils ont la possibilité, s’ils le souhaitent, de déposer une demande d’asile sur place.
Ces expulsions s’inscrivent dans un dispositif plus large mis en place par les États-Unis, qui consiste à transférer certains migrants en situation irrégulière vers des pays tiers ayant accepté de coopérer. Plusieurs États africains, dont le Cameroun, le Rwanda, le Ghana ou encore la République démocratique du Congo, participent à ce mécanisme controversé, souvent accompagné de contreparties financières ou logistiques.
Selon des informations relayées par des médias internationaux, certains accords pourraient inclure des compensations financières importantes, comme dans le cas du Cameroun, évoqué à hauteur de plusieurs dizaines de millions de dollars.
Ces pratiques ont suscité de vives critiques de la part d’organisations de défense des droits humains. Human Rights Watch a notamment dénoncé des accords jugés opaques et contraires aux obligations internationales, estimant qu’ils pourraient mettre en danger les personnes concernées et contourner les règles fondamentales de protection des réfugiés.
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