Filière avicole au Maroc : l’ANEV alerte sur une crise économique majeure
Le secteur avicole marocain traverse une période de fortes turbulences. L’Association Nationale des Éleveurs de Volailles (ANEV) tire la sonnette d’alarme face à une dégradation accélérée de la situation économique des producteurs, confrontés à des prix de vente largement inférieurs aux coûts réels de production.
Selon les professionnels, la crise actuelle menace directement la pérennité de nombreuses exploitations et fragilise l’équilibre d’une filière stratégique pour l’approvisionnement alimentaire national.
Des prix de vente en chute libre
La principale inquiétude des éleveurs concerne l’effondrement des prix du poulet vif à la sortie des fermes. Alors que le coût de production d’un kilogramme est estimé entre 15 et 17 dirhams, le prix de vente sur le marché est descendu sous la barre des 7 dirhams le kilogramme.
Cette situation oblige de nombreux producteurs à commercialiser leurs volailles à perte, avec des déficits qui pèsent lourdement sur leur trésorerie et leur capacité à poursuivre leurs activités.
Les professionnels évoquent un contexte devenu économiquement insoutenable pour une partie importante des éleveurs, notamment les petites et moyennes exploitations, qui disposent de marges financières limitées.
Une filière fragilisée par les déséquilibres du marché
Pour l’ANEV, cette crise ne résulte pas uniquement de la fluctuation des prix, mais également de dysfonctionnements structurels qui affectent durablement le secteur.
L’association pointe notamment l’absence d’une régulation efficace du marché, la multiplication des pratiques spéculatives et la concentration croissante de certains circuits de commercialisation.
Les représentants de la filière estiment que ces déséquilibres ont progressivement détérioré les conditions de concurrence et accentué la vulnérabilité des producteurs, considérés comme le maillon le plus exposé de la chaîne de valeur.
Dans ce contexte, plusieurs exploitants voient leurs réserves financières s’épuiser rapidement, tandis que les risques de cessation d’activité augmentent dans différentes régions du Royaume.
Un enjeu de souveraineté alimentaire
Au-delà des difficultés économiques immédiates, les professionnels alertent également sur les conséquences potentielles pour la sécurité alimentaire nationale.
Le secteur avicole constitue en effet l’un des principaux fournisseurs de protéines animales au Maroc. Une fragilisation durable de cette activité pourrait affecter à moyen terme l’approvisionnement du marché et accentuer les tensions sur les prix destinés aux consommateurs.
L’ANEV considère ainsi que la préservation de la production nationale représente un enjeu stratégique nécessitant une mobilisation rapide des autorités compétentes.
L’ANEV réclame des mesures urgentes
Face à l’ampleur de la crise, l’association appelle à une intervention immédiate afin de rétablir les équilibres du marché et protéger les éleveurs.
Parmi les mesures demandées figurent l’ouverture d’une enquête sur les mécanismes de commercialisation des volailles, le renforcement des contrôles contre les pratiques spéculatives ainsi qu’une meilleure régulation des circuits de distribution.
L’organisation insiste également sur la nécessité de mettre en place des dispositifs capables de soutenir durablement les producteurs et de préserver la continuité de l’activité avicole nationale.
Pour les professionnels, l’avenir du secteur dépend désormais de décisions rapides permettant de limiter les faillites et de restaurer des conditions économiques viables pour les éleveurs marocains.
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