Financement bancaire : les industriels marocains jugent l’accès au crédit globalement stable
Le climat de financement des entreprises industrielles au Maroc est resté globalement favorable à la fin de l’année 2025. Selon les derniers résultats de l’enquête trimestrielle de conjoncture publiée par Bank Al-Maghrib, une large majorité d’industriels considère que l’accès au crédit bancaire s’est maintenu à un niveau satisfaisant au cours du quatrième trimestre.
D’après cette étude, 93 % des entreprises interrogées estiment que les conditions d’accès au financement ont été « normales » durant cette période. Ce constat positif concerne la quasi-totalité des secteurs industriels, à l’exception de la filière « textile et cuir », où une minorité d’opérateurs exprime davantage de difficultés. Dans cette branche, 14 % des industriels interrogés jugent en effet l’accès au crédit « difficile », révélant une situation plus contrastée que dans les autres activités.
Au-delà de la disponibilité du financement, le coût du crédit constitue également un indicateur déterminant pour l’activité industrielle. Sur ce point, les entreprises interrogées font état d’une stabilité générale des taux pratiqués par les banques au cours du trimestre étudié. Dans le secteur de la « mécanique et métallurgie », 88 % des industriels évoquent une stagnation du coût du crédit, tandis que 12 % font état d’une légère baisse.
Des tendances comparables sont observées dans l’« agroalimentaire », où 72 % des entreprises indiquent une stabilité des conditions tarifaires et 20 % une diminution. La situation apparaît toutefois différente dans la « chimie et parachimie » : 92 % des opérateurs y relèvent une stagnation, mais 8 % évoquent une hausse du coût du crédit. Dans le « textile et cuir », les perceptions sont plus mitigées, avec 63 % d’entreprises constatant une stabilité et 37 % signalant une augmentation.
En matière d’investissement, l’enquête révèle également un climat prudent. La majorité des industriels interrogés indique que leurs dépenses d’équipement et de développement sont restées stables au cours du quatrième trimestre de 2025. Les évolutions varient néanmoins selon les branches d’activité.
Ainsi, les secteurs de l’« agroalimentaire » et de la « chimie et parachimie » ont enregistré une progression des investissements, traduisant une dynamique relativement positive. À l’inverse, la « mécanique et métallurgie » a connu un recul des dépenses d’investissement, tandis que la filière « textile et cuir » affiche une situation de stagnation.
Concernant les sources de financement de ces investissements, les entreprises continuent de privilégier l’autofinancement. Selon les données recueillies, 66 % des dépenses ont été couvertes par des fonds propres, contre 34 % seulement par recours au crédit bancaire. Cette répartition confirme une certaine prudence des opérateurs face à l’endettement, malgré des conditions d’accès jugées favorables.
Les perspectives pour les mois à venir apparaissent toutefois plus optimistes. Pour le premier trimestre de 2026, les industriels interrogés anticipent une hausse de leurs dépenses d’investissement dans l’ensemble des branches. Cette confiance relative traduit une volonté de relancer les projets de développement et de modernisation, dans un contexte économique perçu comme plus porteur.
Ces résultats confirment, dans leur ensemble, une stabilité du climat financier pour le tissu industriel marocain. Si certaines disparités sectorielles persistent, le sentiment général reste celui d’un environnement bancaire suffisamment accessible pour accompagner la croissance des entreprises.
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