Koweït : les citoyens naturalisés perdent leur droit de vote
Le Koweït franchit une nouvelle étape dans la réforme de son cadre politique et de sa législation sur la nationalité. L’émir Mechaal Al-Ahmad Al-Sabah a approuvé un décret retirant aux citoyens ayant obtenu la nationalité koweïtienne par naturalisation le droit de participer aux élections.
La décision intervient dans un contexte de profondes transformations institutionnelles engagées depuis 2024, après la dissolution du Parlement et la suspension de certaines dispositions constitutionnelles. Elle s’inscrit également dans une vaste campagne de révision des dossiers de nationalité qui a déjà concerné des dizaines de milliers de personnes.
Un changement majeur pour les citoyens naturalisés
Jusqu’à présent, les personnes naturalisées au Koweït pouvaient accéder au droit de vote après un délai de 30 ans suivant l’acquisition de leur nationalité. Elles restaient toutefois exclues de l’éligibilité aux élections.
Le nouveau décret modifie plus largement leur statut politique. Désormais, les citoyens naturalisés ne pourront ni voter, ni se présenter à une élection, ni être désignés au sein d’une institution parlementaire.
Cette évolution marque un changement significatif dans la conception de la citoyenneté politique au sein de cet État du Golfe, où la population nationale ne représente qu’une partie minoritaire des près de cinq millions d’habitants.
Une vaste campagne autour de la nationalité
Depuis 2024, les autorités koweïtiennes ont engagé une politique de retrait de nationalité touchant différentes catégories de personnes. La campagne a notamment concerné des cas de double nationalité, interdite dans le pays, ainsi que des personnes accusées d’avoir obtenu la citoyenneté de manière frauduleuse.
Les mesures ont également remis en cause certains mécanismes d’acquisition de la nationalité. La naturalisation par mariage, auparavant accessible aux femmes étrangères mariées à des citoyens koweïtiens, a notamment été supprimée, avec des conséquences pour celles ayant acquis la nationalité selon ce dispositif depuis 1987.
Des personnalités ayant obtenu la nationalité en raison de leur contribution à la société koweïtienne, notamment dans les domaines artistiques et culturels, ont également été concernées par cette politique.
Une redéfinition de la citoyenneté et du corps électoral
Pour plusieurs observateurs, les décisions prises ces dernières années participent à une redéfinition plus large de l’identité nationale et du corps électoral. La réforme semble renforcer la distinction entre les citoyens disposant d’une filiation koweïtienne et ceux ayant acquis leur nationalité par naturalisation.
Cette question intervient dans un pays où la citoyenneté demeure un enjeu majeur. Le Koweït abrite notamment une importante communauté de Bidounes, terme désignant des personnes considérées comme apatrides ou dépourvues de nationalité. Cette population, estimée à environ 100.000 personnes, rassemble notamment des familles qui n’ont pas obtenu la citoyenneté lors de l’indépendance du pays en 1961 ainsi que leurs descendants.
En retirant le droit de vote aux citoyens naturalisés, le nouveau décret modifie donc durablement les règles de participation à la vie politique du pays et ouvre une nouvelle phase dans les réformes engagées par l’émirat.
-
17:15
-
17:00
-
16:45
-
16:30
-
16:15
-
16:00
-
15:45
-
15:30
-
15:15
-
15:00
-
14:45
-
14:30
-
14:15
-
14:00
-
13:45
-
13:30
-
13:15
-
13:00
-
12:30
-
12:15
-
12:00
-
11:45
-
11:30
-
11:15
-
11:00
-
10:45
-
10:30
-
10:15
-
10:00
-
09:59
-
09:45
-
09:30
-
09:15
-
09:00
-
08:45
-
08:30
-
08:15
-
08:00
-
07:45
-
07:30
-
07:15
-
07:00