Ouganda : La BAD confirme son appui au projet ferroviaire stratégique SGR
L’Ouganda poursuit son pari ferroviaire. La Banque africaine de développement (BAD) a confirmé son intention de participer au financement du futur chemin de fer à écartement standard (SGR), un projet considéré comme stratégique pour l’intégration commerciale du pays en Afrique de l’Est.
Selon le ministère ougandais des Finances, l’institution panafricaine envisage une contribution partielle évaluée à près de 650 millions de dollars. Cette annonce intervient alors que les premières opérations préparatoires ont déjà été lancées sur le terrain pour cette infrastructure dont le coût global est estimé à environ 3,15 milliards de dollars.
Long de 326 kilomètres, le futur réseau ferroviaire doit permettre à l’Ouganda de renforcer sa connectivité avec les corridors régionaux, notamment via le Kenya. Pays enclavé, l’Ouganda dépend fortement des axes routiers pour ses importations et ses exportations, une situation qui alourdit les coûts logistiques et ralentit les échanges commerciaux.
Les autorités ougandaises présentent ainsi le SGR comme un levier majeur de transformation économique. Le projet vise notamment à fluidifier le transport de marchandises, améliorer les délais d’acheminement et réduire la pression sur les infrastructures routières.
Dans un message publié sur X, le ministère des Finances a précisé que les accords définitifs de financement devraient être consolidés lors d’une mission technique attendue le mois prochain. Cette étape est considérée comme décisive pour accélérer la mobilisation des fonds nécessaires au lancement complet du chantier.
Parallèlement, Kampala explore plusieurs mécanismes de financement afin de soutenir ce programme d’infrastructure. Le gouvernement travaille actuellement sur une première émission de sukuk souverain, un instrument financier conforme à la finance islamique, destiné à participer au financement du projet ferroviaire.
Cette stratégie de diversification intervient dans un contexte budgétaire délicat. D’après les données de la banque centrale ougandaise, la dette publique du pays a progressé de 21,2 % sur un an pour atteindre 130,2 billions de shillings ougandais à fin janvier, soit près de 34,8 milliards de dollars.
Malgré cette hausse de l’endettement, les indicateurs de réserves de change affichent une amélioration significative. Les réserves internationales de l’Ouganda ont bondi de près de 70 % sur un an pour atteindre 5,6 milliards de dollars à fin janvier, contre 3,3 milliards un an auparavant.
Cette progression est notamment portée par l’afflux d’investissements directs étrangers dans le secteur pétrolier, devenu un moteur important des entrées de capitaux dans le pays. Les autorités espèrent que le développement simultané des infrastructures logistiques et énergétiques permettra de soutenir la croissance et d’attirer davantage d’investisseurs internationaux.
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