Syrie : évacuation du camp d’al-Hol après l’évasion de milliers de proches de jihadistes
Les autorités syriennes ont entamé mardi l’évacuation progressive du camp d’al-Hol, dans le nord-est du pays, où étaient détenus des milliers de proches présumés de membres de l’État islamique. Cette décision intervient après l’évasion massive de femmes et d’enfants de jihadistes étrangers, dans un contexte sécuritaire toujours fragile.
Selon le responsable intérimaire du camp, Fadi al-Qassem, le site devrait être entièrement vidé d’ici une semaine. Les autorités expliquent leur décision par l’absence de conditions de vie jugées suffisantes pour maintenir les résidents sur place. La population restante est en cours de transfert vers d’autres installations situées dans la région d’Alep, notamment vers le camp d’Akhtarin, au nord de la province.
Un camp au cœur des tensions régionales
Le camp d’al-Hol était considéré comme le plus grand centre de détention de familles liées à l’État islamique en Syrie. Jusqu’à la fin janvier, il était administré par les forces kurdes, qui ont joué un rôle clé dans la lutte contre l’organisation jihadiste avec le soutien de la coalition internationale dirigée par les États-Unis. Sous pression militaire du pouvoir central syrien, elles ont toutefois cédé le contrôle du camp.
Avant les récentes évasions, al-Hol abritait environ 24 000 personnes, dont plus de 6 000 ressortissants étrangers. La section dite « Annexe », hautement sécurisée, regroupait des familles issues de 42 nationalités différentes, notamment de Russie, du Caucase et d’Asie centrale. Plusieurs pays d’origine refusent toujours de rapatrier leurs ressortissants, laissant ces familles dans une situation juridique incertaine.
Des sources humanitaires ont récemment signalé que cette zone de haute sécurité était désormais presque vide, confirmant une baisse significative du nombre de résidents.
L’inquiétude des organisations internationales
Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a confirmé avoir observé une diminution importante de la population du camp ces dernières semaines. Sa porte-parole a souligné l’importance d’identifier les ressortissants étrangers ayant quitté les lieux afin de poursuivre les procédures de rapatriement lorsque cela est possible.
Parallèlement, plus de 5 700 jihadistes de 61 nationalités ont été transférés vers l’Irak voisin après la reprise en main de certaines zones par les autorités syriennes. Parmi eux figurent des Syriens, des Irakiens ainsi que des ressortissants européens et d’autres pays occidentaux.
L’ONG Human Rights Watch a exprimé de vives préoccupations concernant ces transferts, évoquant des risques de disparitions forcées, de procès inéquitables ou de mauvais traitements.
Le camp d’al-Roj toujours sous contrôle kurde
Si al-Hol est en cours d’évacuation, le camp d’Roj demeure sous contrôle des forces kurdes. Il accueille principalement des proches de jihadistes étrangers, dont plusieurs ressortissants occidentaux. Récemment, 34 Australiens ont été brièvement libérés avant de devoir réintégrer le camp en raison de complications administratives, Canberra ayant refusé de leur apporter une assistance.
L’avenir des familles liées à l’État islamique reste donc incertain. Entre impératifs sécuritaires, responsabilités internationales et considérations humanitaires, la gestion de ces camps continue de poser un défi majeur pour les autorités syriennes et la communauté internationale.
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