X Money : Elon Musk veut transformer X en super-plateforme financière
Elon Musk franchit une nouvelle étape dans son ambition de transformer X, anciennement Twitter, en une super-application combinant communication, commerce et services financiers. Le milliardaire a annoncé le 10 mars que X Money serait lancé en accès anticipé dès avril 2026, en prélude à un déploiement progressif de son système de paiement intégré à l’application.
Une “everything app” à l’américaine
Inspiré par les super-applications asiatiques comme WeChat, X Money vise à centraliser messagerie, transactions et commerce dans un même écosystème numérique. Les utilisateurs pourront effectuer des paiements instantanés entre particuliers via les messages privés, régler des achats avec des QR codes et utiliser une carte de débit associée à leur compte X, compatible avec Apple Wallet et Google Wallet. L’application permettra même de recevoir directement son salaire.
Selon les premières informations issues des versions bêta, les soldes déposés pourraient générer un rendement d’environ 6 % et certaines transactions bénéficieraient d’un cashback autour de 3 %. Aux États-Unis, les dépôts seraient protégés par la garantie FDIC jusqu’à 250.000 dollars, comme pour un compte bancaire classique.
Pour assurer un fonctionnement rapide et sécurisé, X a signé un partenariat avec Visa Direct et obtenu des licences de transmission d’argent dans plus de 40 États, concentrant initialement le lancement sur le marché américain avant un déploiement international éventuel.
L’Occident face à l’exemple asiatique
L’annonce a ravivé les discussions sur une future intégration des cryptomonnaies, notamment le Dogecoin, dont le cours a grimpé de 4 à 5 % dans les 24 heures suivant l’annonce. Cependant, leur inclusion n’est pas prévue dès la première version du service.
Pour Yassine Regragui, expert en fintech, le projet de Musk traduit un rattrapage de l’Occident par rapport à l’Asie, où les super-applications dominent les usages depuis quinze ans. « Le défi principal sera comportemental », souligne-t-il, « il faudra unifier des usages actuellement dispersés entre différentes applications bancaires et sociales ».
Une IA au cœur de l’écosystème
Selon Regragui, X Money pourrait devenir la colonne vertébrale d’un écosystème numérique plus large, intégrant intelligence artificielle, commerce en ligne, billetterie ou services de santé. En Chine, l’IA va déjà au-delà des simples recommandations de produits pour agir comme un intermédiaire commercial autonome. « Chercher, comparer, payer : en Chine, l’IA fait déjà tout pour l’utilisateur », précise-t-il.
Les analystes estiment que d’ici fin 2026, près de 300 millions d’utilisateurs chinois pourraient adopter ces systèmes, et que le commerce piloté par IA pourrait générer jusqu’à 5.000 milliards de dollars d’ici 2030. La Chine détient par ailleurs 60 % des brevets mondiaux en intelligence artificielle, témoignant de son avance technologique.
Une stratégie ambitieuse mais risquée
Malgré son potentiel, le projet X Money comporte des risques. Regragui met en garde contre le « feature dumping », cette accumulation excessive de fonctionnalités qui a fragilisé plusieurs startups fintech. La réussite dépendra de la capacité de X à convaincre les utilisateurs de lui confier leur argent avant de prétendre devenir une super-app.
Le pari est audacieux : si X Money réussit, il pourrait redéfinir le paysage des services financiers numériques en Occident, brouillant les frontières entre réseaux sociaux, fintech et commerce en ligne. Mais pour l’instant, tout dépendra de sa première interaction avec les utilisateurs prévue dès le mois prochain.
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