Urgent 07:35 Météo au Maroc : jusqu’à 28 °C la nuit et fortes chaleurs attendues ce samedi 25 juillet 23:30 Naâma Asfari met un terme à sa grève de la faim après 46 jours à la prison centrale de Kénitra 21:45 Tanger et Agadir profitent du redéploiement mondial des voyages et renforcent leur attractivité touristique 21:30 Le gouvernement suspend les droits d’importation sur le bétail pour soutenir le marché de la viande rouge 20:47 Maroc-Afrique : 27 ans d’investissements, de partenariats et de coopération Sud-Sud 20:45 Made in Morocco : l’industrie pharmaceutique marocaine n’exploite que la moitié de son potentiel de production 20:31 Architecture : le Maroc lance son concours pour la Biennale de Venise 2027 20:18 Automobile, aéronautique, batteries : comment le Maroc s’impose comme une puissance industrielle régionale 20:01 Maroc : 57 % des femmes ont atteint le secondaire ou le supérieur, selon Afrobarometer 19:45 Le département américain du Commerce préconise le maintien des droits compensateurs sur les engrais phosphatés marocains 19:31 Marrakech : 52 nouveaux projets de développement mobilisent plus de 16,5 millions de dirhams 19:00 Interpellation de Réda Taliani à Mohammédia : une enquête ouverte après un accident de la circulation 18:44 Construction : les ventes de ciment rebondissent de 8 % au deuxième trimestre 2026 18:30 Arbitrage et médiation au Maroc : l’heure est désormais à la mise en œuvre des réformes 17:42 Maroc : le Trésor réduit fortement son besoin de financement au premier semestre 2026 17:35 Droits de l’Homme : le CNDH et le HCP s’allient pour mesurer l’impact réel des politiques publiques 17:31 Permis de conduire au Maroc : la NARSA veut renforcer la détection des fraudes aux examens théoriques 16:44 Port de Tarfaya : les débarquements de la pêche progressent de 23 % au premier semestre 2026 16:44 Maroc : la transition numérique s’étend aux douze régions pour renforcer l’équité territoriale 16:20 Législatives 2026 : le CNDH surveillera pour la première fois l’usage de l’intelligence artificielle 16:20 Al Hoceima renforce ses services administratifs pour les MRE durant l’été 2026 16:00 Casablanca renforce son dispositif de propreté avec un important renfort humain et matériel 15:31 Adil Al-Saqer : le Maroc s’impose comme une plateforme industrielle entre l’Afrique et l’Europe 15:17 Maroc-Mali : le Complexe Mohammed VI de formation professionnelle remis aux autorités maliennes 15:05 Banque mondiale : le Maroc consolide son rôle de plateforme économique entre l’Afrique et l’Europe 14:45 Maroc-Égypte : Rabat et Le Caire veulent accélérer leur partenariat économique et les investissements 14:37 Fiscalité au Maroc : les principales échéances à respecter avant le 31 juillet 2026 14:30 Casablanca : le PÔLE TEC dévoile sa stratégie et lance la construction de sa Tour Scientifique 14:20 Maroc-Mali : Assimi Goïta salue à Bamako le soutien du Royaume à l’unité du Mali 14:04 CAN 2025 : le TAS examinera le 8 octobre l’appel du Sénégal contre le sacre du Maroc 14:03 Marché monétaire marocain : amélioration de la liquidité et baisse du déficit bancaire 14:00 Maroc-Mali : plus de 300 opérateurs économiques réunis à Bamako pour accélérer les investissements 13:45 L’affaire Badis relancée : la justice rouvre un dossier emblématique des projets immobiliers publics 13:44 Sahara : le Mali réaffirme son soutien à la souveraineté du Maroc et au Plan d’autonomie 13:30 Dette des ménages au Maroc : les crédits bancaires atteignent un record historique en 2025 13:00 Maroc–Inde : un nouveau plan d’action pour dynamiser la recherche agronomique et l’innovation agricole 12:45 Maroc–Mali : relance du Conseil d’Affaires pour dynamiser les investissements et le partenariat économique 12:00 Hakimi et Mbappé se retrouvent à Saint-Tropez après le Mondial 2026 11:44 Fahs-Anjra : 42 projets mobilisent plus de 34 millions de dirhams en 2026 11:31 Marhaba 2026 : plus de 1,86 million de Marocains résidant à l’étranger accueillis en six semaines 10:26 Aéroport Mohammed V : El Arbi Es-Sobaihi prend la direction du premier hub du Maroc 10:01 The View Agadir mise sur l’expérience pour séduire la clientèle estivale en 2026 09:34 La Bourse de Casablanca ouvre en légère hausse, portée par plusieurs valeurs industrielles 09:30 Larache : découverte du corps d’un homme d’affaires de Chefchaouen, une enquête pour homicide en cours 09:19 Maroc : la croissance économique atteint 4,9 %, un record en plus de dix ans 09:10 Élections 2026 : les temps d’antenne des 27 partis politiques dans les médias publics définis 09:00 TDA/H : les traitements au méthylphénidate bientôt disponibles dans les pharmacies au Maroc 08:58 Maroc : la BAD accorde 100 millions d’euros à Gotion pour la première gigafactory de batteries en Afrique 08:47 Maroc : André Flahaut salue un modèle de développement fondé sur la stabilité et le progrès social 08:45 Le Maroc renforce la surveillance des médicaments après leur mise sur le marché 08:34 Maroc-France : Hélène Laporte met en avant la transformation du Royaume et son rôle stratégique 08:31 Maroc : la circulation des espèces atteint un niveau record malgré la bancarisation 08:27 Maroc-France : Nicolas Forissier salue la modernisation du Royaume et veut accélérer le partenariat économique 08:06 Cours des devises au Maroc : les taux de change du dirham ce vendredi 24 juillet 08:00 La Fondation Mohammed V pour la Solidarité retrace 25 ans d’engagement dans un ouvrage de référence

La compétence face à la légitimité

Vendredi 26 Juin 2026 - 13:23
Par: Sabri Anouar
La compétence face à la légitimité

« Toute domination cherche à éveiller et à entretenir la croyance en sa légitimité », écrivait Max Weber. Quelques siècles plus tôt, Jean-Jacques Rousseau rappelait dans Du Contrat social que « le plus fort n'est jamais assez fort pour être toujours le maître, s'il ne transforme sa force en droit et l'obéissance en devoir ».
Ces deux réflexions, séparées par plusieurs siècles, trouvent aujourd'hui un écho particulier dans le débat public marocain. Au gré des préparatifs électoraux, des remaniements gouvernementaux réels ou supposés, des spéculations médiatiques et des discussions qui animent régulièrement la sphère politique, une même interrogation ressurgit : la compétence suffit-elle à gouverner ?
Les rumeurs, récurrentes ou circonstancielles, évoquant l'éventuelle arrivée aux responsabilités gouvernementales de dirigeants reconnus, à l'image de Mustapha Terrab, président-directeur général du Groupe OCP, ou encore de Mohamed Benchaâboun, ancien ministre et actuel dirigeant de Maroc Télécom, témoignent moins d'une réalité politique que d'une interrogation plus profonde de notre société : l'excellence managériale constitue-t-elle, à elle seule, un passeport pour gouverner ? Et ce, pour ne citer qu'eux.

Pour reprendre une maxime inspirée des travaux de Max Weber, « la compétence administre, mais seule la légitimité autorise à gouverner ».
Toute la question réside dans cette distinction fondamentale. Car administrer consiste à gérer, optimiser, exécuter et produire des résultats. Gouverner relève d'une tout autre logique : il s'agit d'arbitrer entre des intérêts parfois contradictoires, de définir des priorités collectives, de porter une vision de la société et, surtout, de rendre des comptes aux citoyens.
La démocratie ne repose pas uniquement sur l'efficacité de la décision publique ; elle repose également sur l'acceptation collective de ceux qui prennent cette décision. Autrement dit, l'expertise peut produire de bonnes politiques ; seule la légitimité démocratique permet de les rendre politiquement acceptables.

Quand l'expertise prétend au pouvoir

Le technocrate n'est pas un adversaire de la démocratie. Bien au contraire. Par sa maîtrise des dossiers, sa connaissance de l'administration et sa capacité d'exécution, il constitue souvent un rouage essentiel du fonctionnement de l'État.
Depuis l'indépendance, le Maroc a régulièrement fait appel à de hauts commis de l'État, à des experts et à des profils issus de l'administration pour accompagner les grandes transformations économiques, institutionnelles et sociales du pays. Des figures telles que Ahmed Réda Guédira, Driss Jettou ou encore Mohamed Berrada ont, chacune à leur manière, illustré cette tradition marocaine où expertise administrative et responsabilité publique se croisent régulièrement. Cette tradition a permis d'assurer continuité, stabilité et efficacité dans la conduite de nombreuses politiques publiques.
La question mérite toutefois d'être posée : diriger une grande administration, une institution stratégique ou une entreprise publique, aussi remarquable que puisse être cette expérience, recouvre-t-il les mêmes exigences que celles de la conduite des affaires politiques ?

Administrer n'est pas gouverner

Administrer consiste à gérer, optimiser, réformer, exécuter et produire des résultats. Gouverner relève d'une autre nature : il s'agit d'arbitrer entre des intérêts parfois contradictoires, de définir des priorités collectives, de porter une vision de la société et, surtout, de rendre des comptes aux citoyens.
Un ingénieur peut parfaitement savoir comment construire un pont ; mais décider de construire ce pont plutôt qu'un hôpital, une école ou une route relève d'un choix éminemment politique. Et ce choix, dans une démocratie, ne peut être pleinement légitime qu'à travers l'expression de la volonté populaire.
Le philosophe allemand Jürgen Habermas rappelait que la légitimité démocratique ne découle pas uniquement de l'efficacité des décisions publiques, mais également de la participation des citoyens à leur élaboration et à leur validation. Autrement dit, l'efficacité ne saurait remplacer la représentation.

Le Maroc et la tentation technocratique

L'histoire politique du Maroc est marquée par un subtil équilibre entre légitimité politique et expertise technocratique. Plusieurs gouvernements ont intégré des personnalités non partisanes, appelées à mettre leurs compétences au service de l'intérêt général.
Pendant de longues décennies, les textes constitutionnels marocains laissaient une large marge d'appréciation dans la désignation du Premier ministre et des membres du gouvernement. Cette architecture institutionnelle permettait un recours plus important à des profils technocratiques dans la conduite de l'exécutif.
Toutefois, cette réalité a toujours coexisté avec une interrogation récurrente : peut-on gouverner durablement sans passer par l'épreuve du suffrage ?

2011 : le suffrage au cœur de l'exécutif

La Constitution de 2011 a marqué, à cet égard, un tournant majeur dans l'histoire institutionnelle du Royaume.
En prévoyant que le Chef du gouvernement soit nommé au sein du parti politique arrivé en tête des élections législatives, le constituant marocain a consacré un lien plus direct entre l'exercice du pouvoir exécutif et la volonté populaire exprimée dans les urnes.
Pour la première fois dans l'histoire constitutionnelle contemporaine du Royaume, la désignation du chef de l'exécutif se trouvait ainsi explicitement arrimée au verdict des urnes. Une évolution majeure qui a profondément reconfiguré l'équilibre entre technocratie et légitimité élective.
Cette évolution ne signifie pas pour autant la disparition de la technocratie. La Constitution permet toujours l'intégration de personnalités non élues au sein du gouvernement. Ce choix traduit une volonté d'équilibre entre deux exigences complémentaires : d'une part, la légitimité démocratique issue du suffrage ; d'autre part, l'expertise nécessaire à la conduite de politiques publiques de plus en plus complexes.
Le modèle marocain semble ainsi avoir privilégié la complémentarité plutôt que l'opposition entre compétence et représentation politique.

L'école du Parlement

L'expérience des grandes démocraties parlementaires confirme d'ailleurs cette recherche d'équilibre.
Le Royaume-Uni, souvent présenté comme l'une des plus anciennes démocraties parlementaires au monde, demeure particulièrement attaché à la légitimité parlementaire. Pour prétendre diriger le gouvernement britannique, il ne suffit pas de disposer d'une expertise reconnue ou d'une forte popularité. Encore faut-il pouvoir s'appuyer sur une majorité parlementaire et, dans la pratique, siéger au Parlement.
Les débats récents outre-Manche l'ont rappelé avec force : l'accès aux plus hautes responsabilités gouvernementales demeure étroitement lié à l'expérience parlementaire et à la représentation populaire.
Gouverner ne consiste pas uniquement à administrer ; c'est aussi débattre, convaincre, défendre des choix publics, répondre aux critiques, accepter la contradiction et assumer ses décisions devant la Nation. Les bancs du Parlement ne sont pas seulement un lieu de délibération : ils constituent, dans les démocraties représentatives, l'une des écoles les plus exigeantes de la responsabilité politique.
La compétence peut préparer à l'exercice du pouvoir ; l'expérience parlementaire, elle, prépare à l'exercice de la démocratie.

L'expertise au service du politique, non à sa place

Faut-il, dès lors, exclure les technocrates de l'action gouvernementale ? Certainement pas. Les défis contemporains imposent plus que jamais le recours à l'expertise. Mais cette expertise doit éclairer la décision politique et non s'y substituer.
Car, en démocratie, le pouvoir ne tire pas sa légitimité de la seule maîtrise des dossiers, aussi remarquable soit-elle. Il la puise avant tout dans la confiance des citoyens.
Au fond, la question n'est pas de savoir si les technocrates doivent gouverner, mais de déterminer à quelles conditions leur expertise peut s'inscrire dans un cadre démocratique pleinement assumé.
Car une démocratie mature ne choisit ni la compétence contre la légitimité, ni la légitimité contre la compétence. Elle cherche à les réconcilier.
L'expert peut éclairer la décision. Le citoyen, lui, demeure le seul à pouvoir l'autoriser.


Sous-Rubrique Maroc

  • Fajr
  • Lever du soleil
  • Dhuhr
  • Asr
  • Maghrib
  • Isha

Lire la suite

Ce site, walaw.press, utilise des cookies afin de vous offrir une bonne expérience de navigation et d’améliorer continuellement nos services. En continuant à naviguer sur ce site, vous acceptez l’utilisation de ces cookies.