BMCE Capital : l’économie marocaine face aux incertitudes géopolitique
Le choc géopolitique survenu en mars 2026 a brutalement redessiné le paysage économique mondial, plaçant les marchés sous forte tension et ravivant les incertitudes. Dans ce contexte, l’économie marocaine continue de montrer des signes de solidité, portée par ses ressorts internes, malgré des indicateurs macroéconomiques contrastés.
L’escalade du conflit impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran a replacé les questions énergétiques au cœur des préoccupations. La menace sur le détroit d’Ormuz a entraîné une flambée des cours du pétrole, avec une hausse du baril de Brent de plus de 60 % sur le mois. Ce choc s’est rapidement répercuté sur les marchés financiers, accentuant l’aversion au risque et renforçant le dollar, tandis que l’or a reculé après un début d’année dynamique.
Face à ces turbulences, les grandes banques centrales ont opté pour la prudence. Bank Al-Maghrib a maintenu son taux directeur à 2,25 %, considérant ce niveau adapté en attendant une meilleure visibilité sur l’économie nationale.
Sur le plan domestique, les indicateurs traduisent une dynamique globalement positive, selon la dernière note de BMCE Capital Global Research (BKGR). La croissance est estimée à 4,2 % pour le premier trimestre 2026, soutenue par la demande intérieure et le redressement attendu de l’activité agricole. Les projections pour l’ensemble de l’année restent favorables, avec des estimations allant de 4,4 % selon les institutions internationales à 5,6 % selon Bank Al-Maghrib.
L’inflation, en recul à fin février, bénéficie d’une détente des prix alimentaires après plusieurs années de sécheresse. En revanche, le déficit budgétaire s’est creusé à 34,5 milliards de dirhams, faute de recettes exceptionnelles enregistrées l’an dernier. Le déficit commercial continue de s’élargir, sous l’effet d’une hausse des importations de biens de consommation.
Malgré ces tensions, les fondamentaux économiques demeurent solides. Les agences de notation ont confirmé la qualité de la signature marocaine, avec une perspective stable pour S&P et une amélioration pour Moody’s. Les investissements publics et la reprise du secteur agricole devraient continuer à soutenir l’activité.
Du côté des marchés financiers, le contraste est plus net. À Casablanca, la Bourse a enregistré un repli de plus de 5 % en mars et près de 9 % depuis le début de l’année. Cette baisse s’explique surtout par le climat international, alors même que les entreprises cotées ont affiché des résultats record en 2025.
Les perspectives économiques du Maroc restent étroitement liées à l’évolution des tensions internationales. Une aggravation prolongée du conflit pourrait peser sur les équilibres macroéconomiques, notamment à travers une hausse durable des prix de l’énergie et ses répercussions sur les finances publiques et les marges des entreprises.
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