Dattes : le mejhoul marocain tient tête à la concurrence étrangère
À l’approche du mois sacré du Ramadan, les marchés marocains retrouvent une effervescence particulière autour d’un produit incontournable : la datte. Dans les allées de Derb Mila à Casablanca, les étals témoignent d’une offre diversifiée où les origines étrangères cohabitent avec les variétés locales.
Sacs empilés, étiquettes variées et comparaisons minutieuses rythment l’expérience d’achat. Les commerçants évoquent une présence importante de dattes importées, notamment en provenance des Émirats arabes unis, de la Jordanie, de la Tunisie, de l’Algérie, de l’Égypte ou encore de l’Irak. Cette diversité permet de couvrir tous les segments, du produit accessible aux références premium.
Une hiérarchie de prix selon l’origine
Sur le segment d’entrée de gamme, les dattes irakiennes et égyptiennes dominent généralement les prix les plus bas. L’offre saoudienne et émiratie se positionne légèrement au-dessus, tandis que les dattes tunisiennes, algériennes et jordaniennes affichent des écarts liés au calibre, à la présentation et à la qualité.
Dans le haut de gamme, certaines variétés se distinguent nettement. La datte ajwa, souvent associée à l’Arabie saoudite, figure parmi les plus onéreuses, avec des prix pouvant dépasser 200 dirhams le kilo selon le conditionnement. La Jordanie est quant à elle fréquemment liée au mejhoul, variété premium qui rivalise directement avec l’offre marocaine.
Le “made in oasis” conserve son avantage
Malgré la visibilité des produits importés, la datte marocaine maintient une place centrale dans les habitudes de consommation. Sur les marchés, les vendeurs confirment une préférence marquée pour le produit local, perçu comme plus fiable et mieux adapté aux attentes des consommateurs.
Le mejhoul marocain demeure la référence phare. Reconnu pour son calibre généreux, sa texture fondante et sa richesse aromatique, il continue de tirer le marché vers le haut, même si les prix varient fortement selon la catégorie.
Une production nationale en reprise
La filière affiche des signaux encourageants avec une récolte nationale estimée autour de 160 000 tonnes. L’amélioration des conditions climatiques et les progrès techniques dans plusieurs bassins oasiens ont contribué à de meilleurs rendements, notamment pour la variété mejhoul.
Toutefois, cette reprise ne se traduit pas automatiquement par une baisse notable des prix. Les professionnels évoquent des coûts structurels persistants — production, conditionnement, transport et distribution — qui maintiennent une pression sur les tarifs au détail. Le marché reste ainsi marqué par un équilibre délicat entre valorisation du produit local et préservation du pouvoir d’achat.
Dans ce contexte, les autorités ajustent les importations selon le niveau de la récolte nationale. Des suspensions temporaires de licences pendant la période de collecte visent notamment à éviter une saturation du marché lorsque les producteurs locaux écoulent leurs stocks.
Le consommateur arbitre entre qualité et budget
Sur le terrain, les commerçants décrivent des profils d’acheteurs variés. Certains privilégient la qualité et optent pour des références premium, tandis que d’autres recherchent avant tout des prix accessibles.
Pendant Ramadan, la datte reste un produit de base, mais l’achat dépend largement du budget disponible. Cet arbitrage n’empêche pas une préférence affirmée pour la production nationale : le mejhoul marocain demeure, pour beaucoup, la référence en matière de qualité.
Prix observés sur les marchés de Casablanca
Les prix varient selon l’origine, le calibre et la qualité :
- Dattes égyptiennes et irakiennes : environ 25 à 30 DH/kg
- Dattes tunisiennes et libyennes : entre 35 et 50 DH/kg
- Dattes émiraties : entre 60 et 70 DH/kg
- Dattes algériennes : autour de 40 à 60 DH/kg
- Variétés locales classiques : généralement 35 à 80 DH/kg
- Mejhoul marocain : de 60 à 120 DH/kg pour les petits calibres, jusqu’à 180 DH/kg ou plus pour le premium
- Variétés saoudiennes haut de gamme (comme l’ajwa) : entre 180 et 220 DH/kg
Ces niveaux restent indicatifs et peuvent varier selon les villes, les circuits de distribution et la qualité du produit.
Pourquoi rompre le jeûne avec des dattes ?
Rompre le jeûne avec des dattes constitue une tradition religieuse profondément ancrée. Au-delà de sa dimension spirituelle, ce fruit offre des bénéfices nutritionnels importants. Riche en sucres naturels, il apporte une énergie rapide après une journée de jeûne, tout en restant facile à digérer.
Les dattes contiennent également des fibres, du potassium et du magnésium, contribuant à réduire la fatigue et à soutenir la digestion. Pour profiter de leurs bienfaits sans excès, les spécialistes recommandent d’en consommer trois au moment de l’Iftar, accompagnées d’un verre d’eau.
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