États-Unis, le grand recul climatique : Trump s’attaque au socle des normes anti-émissions
L’administration de Donald Trump s’apprête à tourner une page majeure de la politique climatique américaine. Le président des États-Unis prévoit d’abroger un texte clé adopté sous la présidence de Barack Obama, qui sert depuis plus de quinze ans de socle juridique à la régulation des émissions de gaz à effet de serre. Une décision lourde de conséquences pour l’action climatique fédérale, déjà vivement critiquée par la communauté scientifique et les défenseurs de l’environnement.
Selon la Maison-Blanche, cette abrogation sera officialisée jeudi. Le texte visé, connu sous le nom de « constat de mise en danger » (Endangerment finding), date de 2009. Il établit que plusieurs gaz à effet de serre représentent un danger pour la santé publique, ce qui permet à l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) de les encadrer comme des polluants.
Un pilier de la réglementation climatique remis en cause
Adopté durant l’ère Obama, ce constat avait marqué un tournant décisif dans la politique environnementale américaine. En reconnaissant officiellement la nocivité de six gaz à effet de serre, dont le dioxyde de carbone et le méthane, il avait ouvert la voie à une série de réglementations fédérales, notamment sur les émissions des véhicules, des centrales électriques et des installations industrielles.
Sa suppression remettrait en question l’ensemble de cet édifice réglementaire. Les normes d’émissions imposées aux voitures et aux camions pourraient être annulées, tout comme plusieurs règles encadrant les centrales électriques, fortement émettrices de gaz réchauffant l’atmosphère. Pour l’administration Trump, il s’agit avant tout d’un choix économique. La Maison-Blanche affirme que cette dérégulation permettrait de réduire le coût des véhicules neufs et d’alléger les contraintes pesant sur les entreprises.
Une décision contestée par les scientifiques
Ce revirement est dénoncé avec force par de nombreux experts du climat. Pour eux, remettre en cause le Endangerment finding revient à ignorer des décennies de travaux scientifiques établissant le rôle central des activités humaines dans le réchauffement climatique. Dans une lettre publique publiée récemment, plus d’un millier de scientifiques ont rappelé que les preuves étaient déjà solides en 2009 et qu’elles se sont renforcées depuis, à mesure que les effets du dérèglement climatique s’intensifient.
Les opposants à cette décision soulignent également le paradoxe du calendrier. L’année 2025 a été confirmée comme l’une des plus chaudes jamais enregistrées à l’échelle mondiale, tandis que les États-Unis sont confrontés à des phénomènes climatiques extrêmes de plus en plus fréquents.
Une bataille judiciaire inévitable
Au-delà du débat politique et scientifique, la décision de Donald Trump devrait rapidement se déplacer sur le terrain judiciaire. Plusieurs organisations environnementales ont déjà annoncé leur intention de contester l’abrogation devant les tribunaux. L’affaire pourrait même remonter jusqu’à la Cour suprême.
Les plaignants rappellent que le texte de l’EPA trouve son origine dans une décision de cette même Cour, rendue en 2007, qui reconnaissait la compétence de l’agence pour réglementer les gaz à effet de serre. Un argument juridique de poids face à une Cour aujourd’hui majoritairement conservatrice, mais dont la jurisprudence reste au cœur du débat.
Dans un contexte mondial marqué par un ralentissement des investissements dans les technologies bas carbone, cette initiative américaine pourrait fragiliser davantage les efforts internationaux de lutte contre le changement climatique, au moment même où les signaux d’alerte se multiplient.
-
19:10
-
18:00
-
17:00
-
16:38
-
16:00
-
15:31
-
15:15
-
14:35
-
14:11
-
14:00
-
13:30
-
12:30
-
12:00
-
11:30
-
11:15
-
11:04
-
10:30
-
10:00
-
09:30
-
09:00
-
22:05