L’Iran accuse la France et ses alliés d’empêcher une condamnation d’Israël à l’ONU
Téhéran hausse le ton contre les puissances occidentales. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a vivement critiqué la France, les États-Unis et le Royaume-Uni pour avoir empêché l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies visant à condamner ce qu’il qualifie d’« agression » israélienne contre l’Iran.
Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi, le diplomate iranien a dénoncé une « approche politique » de ces membres permanents du Conseil de sécurité. « Immédiatement après cette agression, nous avons demandé une réunion d'urgence du Conseil, conformément à la Charte des Nations Unies. Nous espérions une condamnation ferme et une action concrète. Cela n’a pas été possible à cause des positions biaisées des États-Unis, de la France et du Royaume-Uni », a-t-il affirmé.
Esmaeil Baghaei a établi un parallèle avec les événements de 1980, lorsque selon lui, ces mêmes États avaient freiné toute condamnation internationale après l’attaque de l’Iran par le régime de Saddam Hussein. « Cette stratégie d’ambiguïté diplomatique n’est pas nouvelle, elle a des antécédents historiques regrettables », a-t-il souligné, tout en réaffirmant les droits de l’Iran en tant que membre de l’ONU à être protégé contre toute agression extérieure.
Sur le plan nucléaire, le porte-parole a indiqué que l’Iran avait sollicité une réunion d’urgence du Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), prévue le 16 juin, en réaction à des frappes israéliennes présumées contre des installations nucléaires iraniennes. « Ces sites pacifiques sont placés sous la surveillance constante de l’AIEA. Leur ciblage constitue une violation grave des normes internationales, notamment de la résolution 533 du Conseil des gouverneurs », a-t-il déclaré.
Téhéran attend de l’AIEA une condamnation claire de ce qu’il considère comme une atteinte directe à la paix et à la sécurité mondiales. « Le Conseil des gouverneurs et le Directeur général ont une responsabilité morale et juridique. Nous attendons une prise de position forte », a insisté Baghaei.
Alors que les tensions s’intensifient dans la région, ces déclarations traduisent une montée en pression diplomatique de l’Iran sur la scène internationale. Reste à savoir si l’appel à la responsabilité des institutions multilatérales sera entendu dans un contexte marqué par de profondes divisions entre puissances.
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