Barrages au Maroc : un répit sous conditions
En février 2026, le taux de remplissage des barrages au Maroc s’établit à 70,68 %, un niveau qui marque une nette amélioration après plusieurs années de déficit pluviométrique. Ce chiffre, porteur d’espoir, traduit un répit bienvenu dans un contexte de stress hydrique prolongé. Mais son interprétation exige prudence.
Un sommet hivernal par définition temporaire
Le pic observé en février correspond à une dynamique saisonnière classique. Les apports cumulés des pluies d’hiver, parfois complétés par la fonte des neiges en altitude, permettent aux retenues d’atteindre leur niveau maximal entre février et avril.
Dès le printemps avancé, la courbe s’inverse. Les précipitations diminuent, tandis que les besoins augmentent, notamment en eau potable et en irrigation. L’évaporation, accentuée par la hausse des températures, entraîne des pertes quotidiennes significatives. Sur l’ensemble de l’année, ces pertes peuvent représenter une part importante des volumes stockés. En été, le taux national peut ainsi reculer rapidement en l’absence de nouveaux apports.
Le seuil de 70 % apparaît donc comme une photographie favorable, mais non comme une garantie durable.
La capacité réelle en question
Au-delà des variations saisonnières, un facteur structurel limite la portée du chiffre affiché : l’envasement. Les sédiments transportés par les cours d’eau s’accumulent au fond des barrages, réduisant progressivement leur capacité effective.
Ainsi, un taux de remplissage identique à celui d’il y a dix ans ne correspond pas nécessairement au même volume mobilisable aujourd’hui. Une partie de la capacité théorique inclut un volume devenu inexploitable, ce qui réduit l’eau réellement disponible pour l’agriculture et l’alimentation des villes.
La distinction entre pourcentage de remplissage et volume utile devient essentielle pour évaluer la situation réelle.
Des écarts entre bassins
Le taux national masque des disparités territoriales. Certains bassins ont bénéficié d’une amélioration notable grâce aux dernières pluies, tandis que d’autres demeurent fragiles. Cette hétérogénéité impose une lecture régionale des réserves plutôt qu’une interprétation uniforme du chiffre global.
Une équation estivale décisive
L’agriculture représente la majorité des prélèvements en eau. Les choix opérés durant l’été en matière d’irrigation auront un impact direct sur le niveau des retenues à l’approche de l’automne, période charnière avant la nouvelle campagne agricole.
Le véritable test ne sera pas le pic hivernal, mais le niveau résiduel à la fin de la saison sèche. La solidité du répit actuel dépendra de la gestion de la demande, de l’optimisation des usages et du déploiement accéléré des solutions alternatives, notamment le dessalement et la réutilisation des eaux usées traitées.
En définitive, les 70 % constituent un signal encourageant. Mais dans un contexte de variabilité climatique accrue, la vigilance reste de mise.
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