Afrique : la dette transforme le financement des startups technologiques
Après deux années de ralentissement, le capital-risque technologique en Afrique a renoué avec la croissance en 2025. Les startups du continent ont levé 4,1 milliards de dollars, un chiffre jamais atteint depuis 2022, selon le rapport Africa Tech Venture Capital 2025 de Partech. Cette reprise ne résulte pas d’un simple effet conjoncturel : elle traduit une transformation profonde des sources de financement, avec une montée spectaculaire de la dette.
En 2025, le financement par emprunt a atteint 1,6 milliard de dollars, en hausse de 63 % par rapport à 2024, réparti sur 107 opérations — un record absolu. La dette représente désormais 41 % des investissements dans la tech africaine, contre 31 % l’année précédente et seulement 17 % en 2019. Le financement en fonds propres, quant à lui, progresse plus modestement, avec 2,4 milliards de dollars levés sur 462 transactions, soit une hausse de 8 % sur un an.
Selon Partech, ce recours accru à la dette s’inscrit dans un contexte de normalisation du capital-risque mondial. Les valorisations sont plus strictes, les cycles de levée de fonds plus longs et la sélection des startups plus exigeante. Pour de nombreuses entreprises africaines, la dette devient un moyen de financer la croissance sans diluer le capital. Tidjane Dème, associé commandité de Partech Africa, y voit le signe d’un écosystème « plus sain et plus mature ».
Cette montée en puissance de la dette reste concentrée géographiquement. Le Kenya, l’Afrique du Sud, l’Égypte et le Nigeria ont absorbé 72 % des fonds, avec le Kenya en tête grâce à 1,04 milliard de dollars levés et quatre mégadeals réalisés. L’Afrique du Sud reprend quant à elle la première place pour le financement en fonds propres. En dehors de ces marchés, l’accès à la dette reste limité, confronté à des taux élevés, à des exigences de garanties et à une faible profondeur des marchés locaux.
Le rapport souligne également la recomposition sectorielle des financements. La fintech reste le premier secteur en equity, mais sa part relative diminue. Les technologies propres ont levé 550 millions de dollars (+186 % sur un an), tandis que la healthtech et les solutions pour entreprises dépassent chacune les 200 millions de dollars. Ces secteurs, souvent soutenus par des actifs tangibles ou des flux de revenus prévisibles, favorisent le recours à la dette.
Pour les fondateurs africains, cette évolution modifie les arbitrages stratégiques : la dette permet de limiter la dilution et d’accélérer la croissance, mais impose une discipline financière stricte et une exposition accrue au risque de liquidité. Le rapport relève que 14 % des financements par dette ont bénéficié à des startups fondées par des femmes, un chiffre en hausse mais encore modeste.
Le rebond du financement technologique africain en 2025 illustre la maturité croissante de l’écosystème, mais révèle aussi des fractures : polarisation géographique, dépendance aux capitaux étrangers et accès inégal aux instruments financiers. La dette apparaît moins comme une solution universelle que comme un révélateur des tensions entre ambitions de croissance et contraintes macrofinancières.
Pour Partech, 2025 marque l’entrée de la tech africaine dans une phase plus exigeante de son développement, où la qualité des financements comptera autant que leur volume.
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