Chine : une ONG documente des accusations de torture dans les prisons
Le débat sur les conditions de détention en Chine refait surface après la publication d’un rapport consacré à des témoignages de prisonniers et d’anciens détenus. L’organisation à l’origine de l’étude affirme avoir recensé des cas de violences physiques, de privations de soins et de pressions destinées à obtenir des aveux.
Selon le rapport de la coalition des Défenseurs des droits humains chinois (CHRD), 209 personnes détenues en Chine entre 2016 et 2025 ont été examinées dans le cadre de cette enquête. Ces témoignages font état de différents traitements considérés comme des actes de torture ou de mauvais traitements, alors que ces pratiques sont interdites par la législation chinoise.
Des violences physiques rapportées par des détenus
Parmi les personnes étudiées, environ un détenu sur cinq affirme avoir été battu au cours de sa détention. Le rapport évoque également des cas dans lesquels des prisonniers auraient subi des violences dans le but de les contraindre à reconnaître des faits ou à signer des aveux.
L’organisation estime ainsi que 15 % des personnes recensées ont déclaré avoir été torturées pour obtenir des aveux. Les prisonniers poursuivis pour des motifs politiques ou liés à leurs activités militantes figureraient parmi les personnes particulièrement exposées à ces pratiques, selon le document.
Les témoignages mentionnent également des privations de soins médicaux. Pour certaines familles, l’absence d’informations précises sur l’état de santé de leurs proches détenus alimente les inquiétudes.
Des familles confrontées au manque d’informations
Interrogée par l’AFP, la fille d’une détenue a notamment expliqué que sa mère craignait de mourir en prison. Ce témoignage illustre les difficultés rencontrées par certaines familles pour obtenir des informations sur les conditions de détention et l’état de santé de leurs proches.
Le fonctionnement du système judiciaire chinois fait depuis plusieurs années l’objet de critiques de la part d’organisations de défense des droits humains, notamment concernant la détention de militants et de dissidents, ainsi que les conditions dans lesquelles certaines procédures judiciaires sont conduites.
Pékin rejette régulièrement les accusations
Les accusations formulées dans le rapport s’inscrivent dans un débat plus large sur le respect des droits des détenus en Chine. Pékin rejette régulièrement les accusations de torture formulées par des organisations internationales, des ONG et des particuliers.
Le rapport du CHRD repose sur 209 cas documentés sur une période de près d’une décennie. Il constitue donc un recensement de témoignages étudiés par l’organisation et ne permet pas, à lui seul, de mesurer l’ampleur de ces pratiques dans l’ensemble du système carcéral chinois.
Les conclusions relancent néanmoins les interrogations sur les conditions de détention et sur les mécanismes permettant de prévenir et de sanctionner d’éventuels mauvais traitements dans les établissements pénitentiaires du pays.
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