OIT : Gilbert F. Houngbo face à deux candidats pour un second mandat
La course à la direction générale de l’Organisation internationale du Travail (OIT) est désormais officiellement ouverte. Trois candidats ont déposé leur candidature pour prendre la tête de l’institution à partir du 1er octobre 2027, parmi lesquels le directeur général sortant, le Togolais Gilbert F. Houngbo, qui souhaite obtenir un second mandat.
Face à lui, l’Espagnole Yolanda Díaz Pérez, deuxième vice-présidente du gouvernement espagnol et ministre du Travail et de l’Économie sociale, ainsi que le Péruvien Javier González-Olaechea Franco, ancien ministre des Affaires étrangères du Pérou, défendront chacun leur vision de l’avenir de l’organisation.
Gilbert F. Houngbo mise sur la continuité
Élu à la tête de l’OIT en 2022, Gilbert F. Houngbo entend poursuivre les réformes engagées durant son premier mandat. Ancien Premier ministre du Togo entre 2008 et 2012 et ancien président du Fonds international de développement agricole (FIDA) de 2017 à 2022, il souhaite prolonger son action jusqu’en 2032.
Premier Africain à diriger l’OIT, le responsable togolais entend notamment renforcer l’efficacité de l’organisation dans la défense des travailleurs et la promotion du travail décent.
Son programme met également l’accent sur le développement des relations avec les entreprises, le renforcement de l’influence internationale de l’OIT et une présence accrue dans les différentes régions. La consolidation de la situation financière de l’organisation et l’amélioration de son fonctionnement interne figurent également parmi ses priorités.
Yolanda Díaz veut ouvrir une nouvelle page
Yolanda Díaz Pérez porte, de son côté, une candidature qui pourrait marquer une première historique. La responsable espagnole ambitionne de devenir la première femme à diriger l’OIT.
Figure de la gauche radicale espagnole, elle souhaite notamment placer la question de la viabilité financière au cœur de son projet, tout en préservant l’indépendance de l’organisation.
Sa campagne défend également une évolution de la gouvernance de l’OIT ainsi que l’identification de nouvelles sources de financement. Une approche qui vise à adapter l’institution aux transformations actuelles tout en maintenant son rôle dans la défense des droits sociaux et du monde du travail.
Javier González-Olaechea défend une OIT face aux mutations du travail
Troisième prétendant au poste, le Péruvien Javier González-Olaechea Franco entend inscrire sa candidature dans une réflexion plus large sur les transformations économiques et technologiques.
Ancien ministre des Affaires étrangères du Pérou, il a choisi pour slogan « Une vie digne à l’ère disruptive ». Son projet repose sur la volonté de maintenir l’OIT au plus près de sa mission historique : promouvoir la justice sociale à travers les droits des travailleurs, l’emploi décent, la protection sociale et le dialogue entre gouvernements, employeurs et salariés.
Son programme entend ainsi répondre aux bouleversements qui redessinent progressivement les relations de travail et les conditions d’emploi.
Un calendrier électoral déjà établi
Le processus de désignation du prochain directeur général doit se dérouler en plusieurs étapes. Le Conseil d’administration du Bureau international du Travail prévoit une rencontre publique avec les trois candidats le 23 septembre, au cours de laquelle ils présenteront leur vision et leurs programmes.
Une audition à huis clos est ensuite programmée le 9 novembre, avant l’élection au scrutin secret, fixée au 16 novembre.
Le mandat de Gilbert F. Houngbo prendra officiellement fin le 30 septembre 2027. Son successeur prendra ses fonctions dès le lendemain, pour un mandat qui débutera le 1er octobre 2027.
Une institution centenaire au cœur des enjeux sociaux
Créée en 1919, avant même la naissance de la Société des Nations, l’OIT occupe une place particulière dans l’histoire de la coopération internationale. Elle est aujourd’hui présentée comme la plus ancienne organisation du système des Nations unies.
Son fonctionnement repose sur un modèle tripartite réunissant à égalité les représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs. Sa mission consiste notamment à promouvoir la justice sociale, les droits humains et le travail décent à l’échelle internationale.
Le prochain scrutin intervient ainsi à un moment où l’organisation doit composer avec de profondes mutations du marché du travail. Les trois candidatures proposent des réponses différentes à ces défis, avec en toile de fond la question de l’efficacité, du financement et de la capacité de l’OIT à conserver son influence dans un environnement professionnel en pleine transformation.
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