Phosphate et urgence agricole : le Maroc sous les projecteurs mondiaux
Le Maroc se positionne comme un acteur clé face à une potentielle crise mondiale des engrais, exacerbée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. La perturbation des transports maritimes et aériens ainsi que la volatilité des cours du pétrole et du gaz font craindre une pénurie dans un secteur essentiel pour l’agriculture mondiale.
Selon un rapport de la CNUCED publié le 10 mars, les pays en développement sont particulièrement vulnérables. Le Centre international de développement des engrais souligne, quant à lui, que le Maroc, en tant que producteur majeur d’engrais phosphatés, pourrait jouer un rôle crucial pour sécuriser les approvisionnements mondiaux.
Plusieurs organisations spécialisées recommandent dès maintenant de constituer des réserves stratégiques et de conclure des accords avec des producteurs régionaux, citant le Maroc comme fournisseur fiable de phosphates. La situation est d’autant plus critique que de nombreux volumes transitent par le détroit d’Ormuz, zone sensible aux tensions internationales. Les principaux engrais concernés sont l’urée, le phosphate diammonique et le phosphate monoammonique, essentiels pour la fertilisation agricole.
L’importance du Maroc sur le marché mondial se confirme à travers des accords récents, comme celui conclu avec l’Inde pour plusieurs millions de tonnes d’engrais phosphatés, visant à compenser la baisse des exportations chinoises. Au-delà du commerce, des partenariats industriels renforcent la position stratégique du Royaume, consolidant son rôle dans la sécurité alimentaire mondiale.
Cependant, cette position présente aussi des défis. Les capacités de production d’urée restent limitées et la hausse du prix de certains intrants, comme le soufre, pourrait alourdir les coûts. Les perturbations dans l’approvisionnement en matières premières et en gaz menacent la stabilité de la chaîne de production.
Pour limiter les impacts de cette crise, les experts recommandent une coordination internationale accrue entre institutions financières, organisations agricoles et acteurs privés. La classification des engrais comme produits stratégiques, avec des mesures fiscales et douanières adaptées, pourrait faciliter leur circulation. En Afrique, le développement du commerce intra-continental via la ZLECAF et la sécurisation des volumes auprès des producteurs régionaux sont des mesures essentielles pour prévenir une crise alimentaire mondiale.
Le Maroc, avec ses ressources en phosphate et son savoir-faire industriel, se retrouve ainsi au centre d’un enjeu global qui pourrait redessiner les équilibres de l’agriculture internationale.
-
22:44
-
22:31
-
22:09
-
21:44
-
21:31
-
21:09
-
20:44
-
20:30
-
20:09
-
19:44
-
19:31
-
19:09
-
18:44
-
18:30
-
18:08
-
17:44
-
17:30
-
17:00
-
16:41
-
16:39
-
16:29
-
13:44
-
13:31
-
13:00
-
12:44
-
12:31
-
12:02
-
11:44
-
11:30
-
11:00
-
10:44
-
10:31
-
10:00
-
09:40
-
09:34
-
09:31
-
09:29
-
09:04
-
09:00
-
08:57
-
08:56
-
08:50
-
08:46
-
08:44
-
08:40
-
08:34
-
08:34
-
08:30
-
08:00