Rabat : Rachid Talbi Alami prône l'ouverture institutionnelle contre les "fake news"
Face à la crise de confiance qui frappe les démocraties mondiales, le Maroc s'érige en laboratoire de l'ouverture institutionnelle. Ce mardi, la capitale du Royaume a accueilli une conférence africaine de haut niveau dédiée au Partenariat pour un gouvernement ouvert (OGP). Sous l'impulsion de Rachid Talbi Alami, président de la Chambre des représentants, les débats ont mis en lumière l'urgence pour les parlements du continent de se réinventer face aux nouveaux défis de l'ère numérique.
Contrer la désinformation par la transparence
Pour le président de la première chambre marocaine, l'institution parlementaire ne peut plus se contenter de ses fonctions traditionnelles. Dans un contexte marqué par la prolifération des « fake news » et une méfiance croissante envers les élus, la réponse réside dans une « démocratie d'ouverture ».
« Les institutions élues doivent renouveler leurs mécanismes de fonctionnement en impliquant davantage les citoyens dans la législation, le contrôle et l'évaluation des politiques publiques », a martelé M. Talbi Alami. Cette stratégie vise non seulement à renforcer la crédibilité des élus, mais aussi à ériger un rempart contre les campagnes de déstabilisation orchestrées sur les réseaux sociaux.
Le Maroc, leader africain de la gouvernance ouverte
L'organisation de cet événement à Rabat, avec le soutien du partenariat maroco-français, consacre le positionnement stratégique du Royaume. Rachid Talbi Alami a souligné que cette confiance internationale témoigne de la solidité des réformes engagées sous l'égide de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.
Loin des clichés d'une Afrique instable, les échanges ont révélé une dynamique démocratique continentale ascendante. L'extension de l'initiative OGP aux collectivités territoriales et aux instances de gouvernance démontre que le continent est désormais à l'avant-garde des questions de transparence et du droit d'accès à l'information.
La souveraineté numérique et le défi de l'IA
Le président de la Chambre des représentants a toutefois nuancé ce tableau en pointant du doigt la fracture technologique. Pour atteindre un niveau d'ouverture optimal, l'Afrique doit pouvoir accéder aux technologies de pointe, notamment l'intelligence artificielle, à des coûts réduits.
Il a appelé à un soutien technique et financier international accru, tout en insistant sur un point crucial : le respect de la souveraineté des États. L'accès à l'information, pilier de la transparence, doit s'opérer dans un cadre légal préservant strictement la sécurité nationale.
Vers une mise en réseau des parlements du continent
Le Maroc entend ne pas se limiter aux discours théoriques. La Chambre des représentants a déjà entamé sa révolution digitale, avec la numérisation de plus de sept millions de pages d'archives depuis 1956 et le déploiement d'une quarantaine d'applications dédiées à la transparence de l'action parlementaire.
L'étape suivante, prévue dès demain, sera la naissance officielle du Réseau Africain des Parlements Ouverts. Cette structure, concrétisation des déclarations de Marrakech (2022) et d'Abidjan (2025), servira de plateforme de partage d'expertise pour consolider les processus démocratiques à l'échelle du continent.
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