Rentabilité des pharmacies : un secteur sous pression au Maroc
Le secteur des pharmacies d’officine au Maroc traverse une période délicate où la croissance globale du marché ne se traduit pas par des revenus proportionnels pour les pharmaciens. Entre 2016 et 2024, le chiffre d’affaires total des officines est passé de 11,12 milliards à 13,52 milliards de dirhams, enregistrant une hausse modérée de 21,6 % sur huit ans, soit un taux annuel moyen de 2,46 %. Pourtant, cette progression ne s’est pas traduite par une augmentation significative des revenus des professionnels eux-mêmes.
Après une baisse notable en 2018 à 951,8 millions de dirhams, les revenus des pharmaciens sont restés stables entre 1 et 1,1 milliard de dirhams entre 2019 et 2023, avant d’atteindre 1,2 milliard en 2024. Plusieurs facteurs structurels expliquent ce décalage, selon des experts du secteur.
La pression sur les marges commerciales demeure forte, en grande partie à cause de la réglementation stricte des prix des médicaments. Les médicaments de la tranche T1, dont le prix public maximum est de 166 dirhams, représentent 99 % du volume des ventes et près de 80 % de la valeur. Les tranches supérieures, T2, T3 et T4, offrent des marges limitées et concernent une part très minoritaire du marché. Cette dépendance quasi-exclusive aux marges sur les médicaments rend le modèle économique des pharmacies particulièrement vulnérable aux baisses de prix imposées par le gouvernement.
À cette contrainte s’ajoutent les charges d’exploitation, en hausse constante, incluant loyers, salaires et SMIG, avec une augmentation estimée à 47 % entre 2015 et 2025. L’ouverture régulière de nouvelles officines dans les grandes villes accentue également la concurrence, redistribuant le chiffre d’affaires existant et mettant encore plus de pression sur les revenus moyens. Selon le Conseil de la concurrence, le chiffre d’affaires moyen des officines est passé de 1,1 million de dirhams en 2016 à 950 000 dirhams en 2024, soit une baisse de 17,5 % sur huit ans.
Parallèlement, la demande de médicaments stagne malgré la généralisation théorique de la couverture sociale universelle. L’absence du tiers payant et le pouvoir d’achat limité des ménages freinent la consommation, qui reste autour de 642 dirhams par habitant et par an. Cette situation crée un déséquilibre entre l’offre et la demande, particulièrement dans les grandes villes où le nombre d’officines croît plus vite que la consommation.
L’analyse du marché par volume montre une concentration sur les médicaments peu coûteux. Les produits de la tranche T1, vendus en dessous de 278 dirhams, représentent 98,8 % des ventes, tandis que les tranches supérieures ont une part marginale. Même au sein de la tranche T1, les médicaments les moins chers, vendus jusqu’à 100 dirhams, représentent 89,5 % des ventes mais seulement 55 % de la valeur totale.
Cette distribution pousse les pharmaciens à privilégier les produits à faible coût, malgré les risques liés aux investissements dans les médicaments plus chers, à leur expiration ou à la casse. Le modèle économique des officines reste donc fragile, dépendant des marges sur des volumes élevés de produits à faible prix et soumis aux variations réglementaires et économiques.
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