Saad Lamjarred : le procès en appel s’ouvre jeudi en France
Le dossier judiciaire impliquant le chanteur marocain Saad Lamjarred connaît une nouvelle étape en France. Condamné en 2023 à six ans de réclusion pour viol et violences aggravées, l’artiste doit comparaître en appel à partir de jeudi devant la cour d’assises de Créteil, en région parisienne. Les débats sont prévus jusqu’au 25 septembre.
L’affaire remonte à 2016, lorsque Saad Lamjarred avait été poursuivi après une plainte déposée par Laura P., une jeune femme âgée de 20 ans au moment des faits. En première instance, la cour d’assises de Paris l’avait reconnu coupable de viol et de violences aggravées pour des faits survenus dans une chambre d’hôtel parisienne après leur rencontre dans une boîte de nuit.
Une condamnation contestée
Saad Lamjarred avait toujours contesté les accusations de viol et affirmé son innocence. Lors du premier procès, il avait également nié avoir eu une relation sexuelle avec la plaignante.
L’artiste avait néanmoins reconnu un geste violent, expliquant avoir « brutalement poussé au visage » la jeune femme après, selon sa version, avoir été griffé alors qu’ils s’embrassaient. Cette version n’avait pas empêché sa condamnation à six ans de prison en 2023.
Le procès en appel devait initialement se tenir en juin 2025. Il avait finalement été reporté afin de permettre la réalisation d’investigations supplémentaires.
Des débats susceptibles de se tenir à huis clos
La procédure pourrait une nouvelle fois se dérouler à huis clos. L’avocat de la partie civile, Victorien De Faria, a indiqué à l’AFP qu’un tel dispositif était « fort probable », notamment afin de préserver la sérénité des débats.
Saad Lamjarred, aujourd’hui âgé de 41 ans, comparaîtra libre, sous contrôle judiciaire.
Du côté de la partie civile, les avocats insistent sur la durée de la procédure et sur ses conséquences pour leur cliente. David Chemmi, conseil de Laura P., a déclaré à l’AFP que celle-ci vivait toujours difficilement cette affaire et que la perspective de retrouver l’accusé à l’occasion du procès demeurait source de stress.
Ces déclarations relèvent de la position de la partie civile et ne préjugent pas de l’issue de la procédure d’appel.
Une autre condamnation en France
Le procès de Créteil intervient alors que Saad Lamjarred fait également appel d’une autre condamnation prononcée en France.
En mai 2026, la cour d’assises du Var l’a condamné à cinq ans de réclusion pour le viol d’une jeune femme commis en 2018 près de Saint-Tropez. L’artiste a également contesté cette décision en faisant appel.
Ces deux procédures concernent des faits distincts et font l’objet de procédures judiciaires séparées.
Une affaire qui dépasse le dossier parisien
Le chanteur a par ailleurs été impliqué dans d’autres procédures ou accusations au cours de la dernière décennie. Le dossier fourni mentionne notamment une affaire au Maroc en 2015 ainsi qu'une procédure aux États-Unis datant de 2010 pour des accusations de viol et d’agression sexuelle.
Concernant cette dernière procédure, celle-ci avait été classée après la conclusion d’un accord financier avec la victime, selon les informations rapportées dans le dossier.
Parallèlement au dossier parisien, une autre procédure a concerné une affaire d’extorsion présumée. Cinq personnes ont été condamnées en avril après qu’une somme de trois millions d’euros aurait été réclamée au chanteur en échange du retrait de la plainte et de la non-comparution de la plaignante devant la cour d’assises. Laura P. avait été relaxée dans cette procédure, tandis que sa mère, une avocate, une influenceuse et deux autres personnes avaient été condamnées à des peines allant de six mois à deux ans de prison avec sursis.
Une nouvelle séquence judiciaire
Avec cette audience en appel, le dossier ouvert après les faits de 2016 entre dans une nouvelle phase judiciaire. Les débats devront notamment revenir sur les éléments examinés lors du premier procès, les versions des protagonistes et les investigations complémentaires réalisées depuis le report de l’audience.
L’issue de cette procédure devra désormais être déterminée par la cour d’assises d’appel, au terme des débats prévus à Créteil jusqu’au 25 septembre.
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