Zeebrugge : un pétrolier parti du Maroc dans le viseur belge
Un pétrolier ayant quitté le Maroc a été intercepté en mer du Nord par les forces armées belges avant d’être escorté jusqu’au Port de Zeebrugge, où il reste immobilisé. Les autorités soupçonnent le navire d’être lié à la « flotte fantôme » russe et d’avoir navigué sous un faux pavillon, en infraction avec les règles maritimes internationales.
L’opération, menée dans la nuit de samedi à dimanche, a mobilisé plusieurs services de l’État, avec un appui en matière de renseignement et de surveillance aérienne. Le ministre de la Défense, Theo Francken, a justifié cette intervention par la nécessité de faire respecter les sanctions liées à la guerre en Ukraine, estimant qu’une action ferme s’imposait face aux tentatives de contournement.
Enquête judiciaire et contrôles renforcés
Selon le ministre de la Mobilité, Jean-Luc Crucke, une première inspection aurait confirmé des soupçons de faux pavillon. Cette pratique, qui consiste à naviguer sous une immatriculation irrégulière ou trompeuse, peut entraîner de lourdes sanctions, notamment financières, en cas de violation du code maritime belge.
Le parquet fédéral, en coordination avec les autorités locales et la police maritime, a ouvert une enquête afin de déterminer d’éventuelles infractions pénales. Les membres d’équipage demeurent à bord tant que les vérifications administratives et judiciaires ne sont pas achevées.
Un navire sous sanctions internationales
Le pétrolier, identifié sous le nom d’« Ethera » dans certaines bases de données maritimes, serait inscrit sur des listes de sanctions de l’Union européenne ainsi que des États-Unis. Les autorités belges cherchent désormais à retracer précisément son itinéraire depuis son départ du Maroc jusqu’à son arrivée dans les eaux belges.
La « flotte fantôme » désigne des navires soupçonnés de contourner les restrictions commerciales imposées à la Russie depuis le début du conflit en Ukraine. Ces bâtiments changent fréquemment de pavillon ou utilisent des montages juridiques complexes afin de masquer l’origine de leurs cargaisons.
La ministre de l’Intérieur, Annelies Verlinden, compétente pour la mer du Nord, a souligné que cette opération vise à renforcer la surveillance et à dissuader les pratiques opaques. Les résultats de l’enquête détermineront si des poursuites seront engagées et si le navire pourra reprendre la mer.
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