Aires marines protégées : le Maroc accélère vers une économie bleue d’avenir
Les aires marines protégées (AMP) s’imposent aujourd’hui comme un instrument essentiel pour concilier la préservation des écosystèmes marins et la promotion d’une économie bleue durable et inclusive. Cette orientation a été mise en avant à Rabat lors d’une conférence consacrée aux enjeux et défis liés à ces espaces, organisée par le secrétariat d’État chargé de la Pêche maritime en partenariat avec une organisation internationale spécialisée dans la transparence des activités de pêche.
Les responsables présents ont souligné que la protection du milieu marin ne peut plus être dissociée du développement économique. Les deux dimensions doivent évoluer de manière complémentaire afin de garantir la durabilité des ressources et la résilience des territoires côtiers.
Dans ce cadre, il a été rappelé que le Maroc dispose d’un important patrimoine maritime, grâce à son ouverture sur l’Atlantique et la Méditerranée. Toutefois, ce potentiel est soumis à des pressions croissantes, notamment la surexploitation des ressources halieutiques, les effets du changement climatique, la dégradation des habitats naturels et l’intensification des activités sur le littoral.
Les AMP sont ainsi présentées comme des outils de gouvernance permettant à la fois de protéger les zones sensibles, de restaurer les écosystèmes dégradés et de favoriser le renouvellement des stocks de poissons. Elles constituent également un levier de résilience face aux transformations environnementales en cours.
Les autorités marocaines ont rappelé que cette dynamique s’inscrit dans une vision stratégique accordant une place centrale à la protection des espaces marins. Une commission nationale dédiée à l’économie bleue a été mise en place afin de coordonner les politiques publiques et de suivre les projets liés au développement maritime.
Par ailleurs, une feuille de route sectorielle couvrant la période 2025-2027 a été élaborée, avec l’ambition de positionner le Maroc comme une référence en matière d’économie bleue inclusive. L’un des objectifs majeurs consiste à renforcer le réseau national des AMP, en portant leur couverture de moins de 1 % actuellement à environ 10 % des eaux nationales. Plusieurs zones protégées ont déjà été créées, et d’autres extensions sont envisagées.
Les experts présents ont également insisté sur le rôle des technologies modernes dans la gestion de ces espaces. La surveillance par satellite, l’intelligence artificielle et l’analyse des données permettent désormais de mieux comprendre les activités maritimes, d’identifier les zones écologiques sensibles et d’améliorer le contrôle des AMP.
Selon les intervenants, ces outils doivent s’intégrer dans une approche globale de gouvernance, associant les pouvoirs publics, les scientifiques, les acteurs économiques et la société civile. La réussite de l’économie bleue dépend en effet de cette coopération et d’une planification à long terme capable d’anticiper les pressions futures sur les océans.
Enfin, les participants ont insisté sur le fait que les aires marines protégées ne doivent pas être perçues comme des contraintes, mais comme des opportunités de développement durable. Elles contribuent à la sécurité alimentaire, à la création de valeur économique et à la préservation du patrimoine naturel marin.
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