Casablanca : vers une facturation des gros producteurs de déchets
La commune de Casablanca s’apprête à opérer un virage important dans sa politique de gestion des déchets. Face à une pression croissante sur les services de propreté, les autorités locales envisagent de mettre un terme à la gratuité de la collecte pour les grands producteurs, tels que les hôtels, restaurants et grandes surfaces, au profit d’un système de facturation basé sur le tonnage réellement collecté.
Pour Moulay Ahmed Afilal, vice-président du Conseil communal, le statu quo n’est plus viable. Il estime injustifié que certains acteurs économiques bénéficient du même service gratuit que les ménages, alors que leurs volumes de déchets sont sans commune mesure. Des situations jugées abusives ont été relevées sur le terrain, notamment dans des zones très fréquentées comme Aïn Diab, où un seul établissement peut mobiliser un camion communal à plusieurs reprises dans la même journée.
Afin de remédier à ces dérives, la ville prévoit de déployer des camions dédiés exclusivement aux grands producteurs. Ces véhicules seront équipés de systèmes de pesage embarqués, permettant d’établir une facturation précise en fonction des quantités collectées. Toute entité qui déposera ses déchets dans les bacs réservés aux citoyens s’exposera, par ailleurs, à des sanctions.
Cette approche, déjà appliquée dans certaines villes marocaines comme Marrakech et largement répandue à l’international, vise à instaurer un principe de responsabilité élargie. L’objectif est double : rééquilibrer les charges supportées par la collectivité et encourager les acteurs économiques à mieux maîtriser leur production de déchets.
La réforme sera intégrée au nouveau cahier des charges de la gestion déléguée du secteur de la propreté, actuellement en cours d’élaboration. Le document fait l’objet de consultations approfondies, impliquant élus, autorités territoriales, présidents d’arrondissements et représentants de la société civile. Un comité de suivi doit prochainement se réunir pour arbitrer les ajustements à apporter avant finalisation.
Cette refonte intervient alors que les contrats actuels liant Casablanca aux opérateurs Averda et Arma arrivent à échéance en mars 2026. La commune souhaite boucler rapidement le nouveau cadre afin de lancer un appel d’offres actualisé, s’appuyant notamment sur une étude technique réalisée par le bureau Novec.
Depuis mars 2020, Averda et Arma assurent la collecte et le transport des déchets dans différents arrondissements de la métropole, dans le cadre de contrats de six ans représentant un budget annuel d’environ 1,3 milliard de dirhams. Si des avancées ont été enregistrées, plusieurs insuffisances persistent, notamment en matière de balayage manuel et de lavage des bacs.
Les concertations menées ces derniers mois ont fait ressortir une demande forte d’amélioration du service. Le futur cahier des charges prévoit ainsi un balayage manuel quotidien, contre trois passages par semaine actuellement, ainsi qu’un lavage des bacs une à deux fois par semaine, au lieu d’une fois toutes les deux semaines. La commune entend toutefois maintenir le budget global, malgré un coût potentiel estimé à 1,6 milliard de dirhams.
Une session extraordinaire du Conseil communal devrait prochainement valider ce nouveau cahier des charges. Pour la ville, il s’agit d’une étape décisive vers un modèle plus équitable et plus performant, où la propreté urbaine devient l’affaire de tous, y compris des grands producteurs de déchets.
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