Côte d’Ivoire : la croissance devrait accélérer à 6,5 % en 2027
L’économie ivoirienne devrait conserver un rythme de croissance soutenu au cours des prochaines années. La Banque africaine de développement (BAD) anticipe une progression du produit intérieur brut de 6,2 % en 2026, avant une accélération à 6,5 % en 2027. Cette dynamique prolongerait la tendance observée en 2025, année durant laquelle l’activité économique aurait progressé d’environ 6 %.
Selon les projections de l’institution panafricaine, plusieurs moteurs devraient continuer à soutenir l’économie ivoirienne. La mise en œuvre du Plan national de développement (PND) 2026-2030 devrait notamment stimuler l’investissement, tandis que l’essor des activités minières et pétrolières pourrait renforcer davantage la contribution des industries extractives à la croissance.
Des fondamentaux économiques qui restent solides
La BAD table parallèlement sur une inflation proche de 3 %, traduisant une évolution globalement maîtrisée des prix. Les perspectives budgétaires apparaissent également relativement favorables, avec un déficit qui devrait rester contenu.
L’institution considère par ailleurs que le niveau de risque associé à la dette ivoirienne demeure faible. Cette situation offre aux autorités une certaine marge de manœuvre pour poursuivre leurs investissements et accompagner les ambitions économiques du pays.
Ces perspectives restent néanmoins conditionnées à l’évolution de plusieurs facteurs externes. La Côte d’Ivoire demeure notamment exposée aux fluctuations des prix des matières premières, aux conséquences du changement climatique et aux tensions géopolitiques internationales.
La situation sécuritaire dans la région du Sahel constitue également un facteur de vigilance pour les perspectives économiques du pays.
Le financement du PND au cœur des enjeux
Au-delà des perspectives de croissance, la principale équation pour Abidjan concerne désormais le financement du nouveau PND 2026-2030.
Le programme représente un besoin global estimé à 206,5 milliards de dollars, soit plus de 114 000 milliards de francs CFA. Pour les autorités ivoiriennes, la mobilisation de ressources suffisantes sera donc déterminante pour concrétiser les différents projets prévus dans le cadre de cette nouvelle feuille de route.
Une première avancée a été enregistrée lors du Groupe consultatif organisé les 8 et 9 juillet à Abidjan. À cette occasion, le gouvernement ivoirien avait annoncé avoir obtenu des engagements de financement atteignant environ 80 milliards de dollars, alors que l’objectif initial était fixé à 20 milliards de dollars.
Malgré cette mobilisation importante, la BAD considère que des efforts supplémentaires restent nécessaires afin de consolider les capacités de financement du pays.
Diversifier les sources de financement
Pour accompagner le développement du pays, les autorités sont notamment appelées à renforcer les recettes publiques et à moderniser davantage l’administration fiscale.
La digitalisation des services fiscaux figure parmi les leviers identifiés pour améliorer la collecte et élargir progressivement l’assiette fiscale. Le renforcement du civisme fiscal constitue également un enjeu important pour accroître durablement les ressources disponibles.
La Côte d’Ivoire pourrait parallèlement davantage s’appuyer sur des mécanismes de financement à long terme. Les partenariats public-privé, les fonds souverains, les financements liés au climat ou encore les obligations destinées à la diaspora font partie des instruments susceptibles de compléter les ressources traditionnelles.
Transformer la croissance en progrès social
Pour les autorités ivoiriennes, l’enjeu dépasse toutefois les seuls indicateurs macroéconomiques.
L’objectif affiché est désormais de convertir la croissance économique en résultats tangibles pour la population, notamment à travers la création d’emplois, le développement du capital humain et une meilleure répartition des opportunités économiques.
Cette ambition constitue l’un des principaux défis de la prochaine phase du développement ivoirien. Avec une croissance qui devrait rester supérieure à 6 % à moyen terme, le pays dispose d’un environnement favorable pour accélérer ses investissements. Reste à transformer cette dynamique en gains durables pour l’économie et pour les ménages.
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