Déchets radioactifs : le Maroc présente son expertise à l’AIEA à Vienne
En marge de la 70ᵉ Conférence générale de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), organisée du 14 au 18 septembre à Vienne, le Maroc a consacré une rencontre à son expérience dans la gestion des déchets radioactifs. L’initiative a réuni des représentants d’organisations internationales et des experts autour des enjeux liés à la sûreté, à la sécurité et au renforcement des capacités dans ce domaine sensible.
Organisé conjointement par la Mission permanente du Royaume du Maroc à Vienne et le Centre national de l’énergie, des sciences et des techniques nucléaires (CNESTEN), l’événement s’est tenu avec la coopération de l’AIEA, du Département américain de l’Énergie (DOE), ainsi que des organismes IZOTOP, en Hongrie, et NIOWAVE, aux États-Unis.
Une approche marocaine fondée sur plusieurs piliers
À l’ouverture des travaux, l’ambassadeur et représentant permanent du Maroc à Vienne, Azzeddine Farhane, a rappelé que le développement des usages pacifiques de l’énergie nucléaire s’accompagne nécessairement d’exigences élevées en matière de gestion des déchets radioactifs.
Les applications nucléaires connaissent en effet des usages dans plusieurs secteurs, notamment la médecine, l’industrie, l’agriculture et la recherche scientifique. Leur développement implique, parallèlement, la mise en place de dispositifs permettant de prendre en charge les déchets générés dans des conditions conformes aux exigences de sûreté et de sécurité.
Dans son intervention, le diplomate a présenté l’expérience marocaine comme reposant sur une combinaison entre responsabilité nationale, infrastructures spécialisées, formation des compétences et coopération internationale.
Cette approche vise également à favoriser la circulation de l’expertise. Le Maroc entend ainsi valoriser les capacités acquises au niveau national dans le cadre de la coopération Sud-Sud, avec une attention particulière portée aux partenariats avec les pays africains.
Le CNESTEN présente les capacités développées au Maroc
Le directeur général du CNESTEN, Hamid Marah, a pour sa part détaillé les différentes composantes de l’expérience marocaine en matière de gestion des déchets radioactifs.
Le dispositif présenté repose notamment sur des infrastructures dédiées et sur des compétences nationales couvrant plusieurs opérations, depuis la collecte jusqu’au traitement, au conditionnement et à l’entreposage des déchets.
Une attention particulière a été accordée à la gestion des sources radioactives scellées de haute activité arrivées en fin d’utilisation. Le Maroc dispose d’une expérience spécifique dans leur retrait et leur expédition, un processus qui nécessite des moyens techniques adaptés ainsi qu’un encadrement rigoureux.
L’expertise internationale au cœur des échanges
La rencontre a également permis de croiser les expériences nationales et internationales. Des représentants et experts de l’AIEA, du Département américain de l’Énergie, du CNESTEN, d’IZOTOP et de NIOWAVE ont participé aux discussions.
Les échanges ont porté sur plusieurs priorités, parmi lesquelles le développement des compétences, le partage des connaissances techniques et la coopération entre États membres de l’AIEA.
Pour les participants, le renforcement des capacités nationales constitue un élément central pour accompagner l’essor des applications nucléaires pacifiques tout en assurant une prise en charge appropriée des déchets qui en résultent.
Une expérience marocaine tournée vers l’Afrique
L’expérience présentée par le Maroc a particulièrement retenu l’attention des participants, notamment en raison de l’approche intégrée développée autour des infrastructures, des compétences et de la coopération.
Les discussions ont également ouvert la voie à un partage accru de cette expertise avec d’autres États membres de l’AIEA. La dimension africaine occupe une place importante dans cette démarche, le Royaume mettant en avant la coopération Sud-Sud comme un levier pour contribuer au développement des capacités dans le domaine nucléaire pacifique.
À travers cette rencontre organisée à Vienne, le Maroc a ainsi réaffirmé sa volonté d’accompagner le développement responsable des applications nucléaires et de renforcer les échanges internationaux autour de la gestion des déchets radioactifs. L’enjeu consiste désormais à consolider les mécanismes de coopération et de transfert de compétences afin de soutenir une utilisation durable et sécurisée des technologies nucléaires à des fins pacifiques.
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