Énergies renouvelables : le Maroc accélère sa transformation énergétique
Le Maroc poursuit depuis plusieurs années une transformation profonde de son modèle énergétique. Portée au plus haut niveau de l’État, cette stratégie fait des énergies renouvelables un instrument qui dépasse largement la production d’électricité : elle vise également à renforcer l’autonomie énergétique, soutenir l’industrialisation, attirer les investissements et créer de nouvelles opportunités économiques dans les territoires.
Au cœur de cette politique figure l’Agence marocaine pour l’énergie durable (MASEN), qui accompagne le déploiement de grands projets solaires et éoliens tout en préparant une nouvelle génération d’investissements dans les technologies vertes.
Le solaire comme vitrine de la stratégie marocaine
Le complexe solaire NOOR Ouarzazate constitue l’une des réalisations emblématiques de cette politique. Avec une capacité installée de 600 mégawatts, le site s’est imposé comme un projet majeur du développement solaire marocain.
L’infrastructure fournit une production correspondant à la consommation annuelle de près de deux millions de personnes et contribue à éviter environ 900 000 tonnes d’émissions de CO₂ chaque année.
La stratégie s’est également étendue aux provinces du Sud. Les centrales NOOR Laâyoune I et NOOR Boujdour I représentent ensemble plus de 100 mégawatts de capacité. Ces installations participent à une logique de développement régional dans laquelle les infrastructures énergétiques sont également considérées comme des vecteurs d’activité économique.
L’éolien entre dans une nouvelle phase
Le Maroc mise parallèlement sur l’énergie éolienne. Le parc Nassim Koudia Al Baida, situé près de Tétouan, illustre cette évolution avec une opération de modernisation ayant porté sa capacité à 100 mégawatts.
Le recours au repowering permet de remplacer ou moderniser des équipements existants grâce à des technologies plus performantes, sans nécessiter une nouvelle emprise foncière. Cette approche permet ainsi d’améliorer la production tout en optimisant les infrastructures déjà disponibles.
Plus de 5 gigawatts de nouveaux projets
Après les premières réalisations, le Royaume entre dans une phase d'accélération. MASEN prépare une nouvelle génération de projets représentant plus de 5 gigawatts de capacités renouvelables.
Parmi les programmes concernés figurent notamment NOOR Midelt, NOOR Atlas, NOOR PV Multisites et le programme éolien NASSIM.
À l’échelle nationale, près de 12 gigawatts supplémentaires de capacités renouvelables sont attendus à l’horizon 2030. Cette progression devrait également s’appuyer davantage sur la participation des opérateurs privés.
L’objectif est double : répondre à une consommation électrique appelée à augmenter et réduire progressivement la dépendance du pays aux importations énergétiques.
L’hydrogène vert ouvre un nouveau marché
La stratégie énergétique marocaine s’étend désormais au-delà de la production d’électricité. Le Royaume cherche également à se positionner sur l’hydrogène vert, considéré comme une filière susceptible de créer de nouvelles chaînes de valeur industrielles.
Dans ce cadre, l’« Offre Maroc Hydrogène Vert » constitue l’un des axes majeurs de la politique nationale. MASEN est chargée de son pilotage et de sa coordination.
Sept projets intégrés consacrés à l’hydrogène vert et à ses dérivés ont déjà été sélectionnés dans les régions du Sud, avec la participation d’investisseurs marocains et internationaux.
Le principal défi consiste désormais à transformer les annonces et les projets sélectionnés en infrastructures opérationnelles, en investissements industriels et en emplois durables. L’enjeu est également de faire émerger un écosystème national capable de participer à l’ensemble de la chaîne de valeur.
Une transition énergétique qui mise sur les territoires
L’un des aspects majeurs de la stratégie marocaine réside dans les retombées locales recherchées autour des grands projets.
Selon les données présentées par MASEN, certains chantiers peuvent générer jusqu’à 85 % d’emplois locaux. Dans le solaire, le taux d’intégration industrielle dépasse également 40 %, illustrant la volonté de développer progressivement une expertise et une capacité de production nationales.
La formation constitue un autre axe important. Des centaines d’ingénieurs et de techniciens marocains ont été formés aux nouvelles technologies énergétiques. À Ouarzazate, une plateforme de recherche et développement d’environ 200 hectares permet notamment de tester des solutions en conditions réelles en collaboration avec des universités et des organismes de recherche marocains et internationaux.
Les projets énergétiques s’accompagnent également d’actions destinées aux populations des zones concernées. Entre 2010 et 2025, plus de 180 initiatives ont été réalisées dans des domaines tels que l’éducation, la santé, l’accès à l’eau potable, les infrastructures et le soutien aux activités génératrices de revenus. Elles auraient bénéficié directement ou indirectement à plus de 110 000 personnes.
L’objectif des 52 % à l’horizon 2030
Le Maroc vise désormais une part supérieure à 52 % des énergies renouvelables dans son mix électrique à l’horizon 2030.
Cette ambition intervient dans un contexte de hausse attendue de la demande nationale en électricité, estimée à environ 7 % par an. Le développement de nouvelles capacités renouvelables apparaît ainsi comme une réponse à la fois environnementale et économique.
Au-delà de la réduction des émissions, la transition énergétique est appelée à soutenir la compétitivité du pays. Une énergie renouvelable disponible à grande échelle peut contribuer à renforcer l’attractivité industrielle du Maroc, notamment pour les secteurs recherchant des chaînes de production moins carbonées.
La stratégie énergétique devient ainsi progressivement un outil de politique industrielle. Le développement des infrastructures, la formation de compétences, la recherche, l’intégration locale et l’arrivée de nouveaux investisseurs participent à la constitution d’un écosystème autour des technologies vertes.
Pour le Maroc, l’enjeu des prochaines années sera donc de transformer les capacités renouvelables annoncées en résultats industriels et économiques durables. Le solaire, l’éolien et désormais l’hydrogène vert constituent les principaux piliers d’une trajectoire destinée à renforcer la sécurité énergétique du Royaume tout en ouvrant de nouveaux relais de croissance.
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