Mort en exil de Rifaat al-Assad, symbole de la répression syrienne
Rifaat al-Assad, oncle du président syrien déchu Bachar al-Assad et l’une des figures les plus controversées de l’histoire politique syrienne contemporaine, est décédé à l’âge de 88 ans, ont indiqué des sources proches de sa famille. L’ancien dignitaire du régime est mort après avoir souffert d’une grippe pendant une semaine, alors qu’il vivait en exil depuis la chute du pouvoir de son neveu en décembre 2024.
Selon plusieurs témoignages concordants, Rifaat al-Assad s’était récemment installé aux Émirats arabes unis après avoir quitté la Syrie dans un contexte de bouleversement politique majeur. Une source sécuritaire libanaise avait auparavant indiqué qu’il avait fui le pays par voie terrestre avant de rejoindre Beyrouth, d’où il aurait pris un vol après la prise du pouvoir par une coalition islamiste.
Frère cadet de l’ancien président Hafez al-Assad, Rifaat al-Assad avait longtemps occupé une place centrale dans l’appareil sécuritaire syrien. À la tête des forces d’élite connues sous le nom de « Brigades de défense », il était considéré comme l’un des hommes les plus puissants du régime dans les années 1970 et 1980.
Son nom reste toutefois indissociable de la répression sanglante de l’insurrection des Frères musulmans à Hama en 1982. Cette opération militaire, menée dans un strict blackout médiatique, a causé la mort de dizaines de milliers de civils, avec des estimations variant entre 10.000 et 40.000 victimes. Ces événements lui ont valu le surnom de « boucher de Hama », symbole durable de la brutalité du régime syrien de l’époque.
En 1984, Rifaat al-Assad avait été contraint de quitter la Syrie après une tentative avortée de coup d’État contre son frère. Il s’était alors installé à l’étranger, menant pendant des décennies une vie d’exil marqué par le luxe, notamment en Europe. En France, où il a vécu près de 37 ans, il a été condamné à quatre ans de prison pour blanchiment en bande organisée et détournement de fonds publics syriens, une décision judiciaire qui l’avait poussé à rentrer en Syrie en 2021.
Par ailleurs, la justice suisse s’intéressait également à son rôle dans les événements de Hama. Le parquet fédéral l’accusait d’avoir ordonné des meurtres, des actes de torture, des traitements cruels et des détentions illégales. Toutefois, en décembre 2024, des médias helvétiques avaient rapporté que la procédure pourrait être close en raison de son état de santé, jugé incompatible avec la tenue d’un procès.
La mort de Rifaat al-Assad marque la disparition d’un acteur clé, mais profondément décrié, de l’histoire du régime syrien. Elle intervient alors que la Syrie tourne une page politique majeure, laissant derrière elle des décennies de pouvoir familial et de répression, dont il fut l’un des symboles les plus redoutés.
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