Presse : l’ANME réclame la transparence des aides publiques
L’Association nationale des médias et des éditeurs (ANME) a appelé à une clarification complète des mécanismes de soutien public accordés aux entreprises de presse entre 2005 et 2025. Réunie fin janvier, l’organisation professionnelle estime que la publication intégrale de la liste des bénéficiaires constitue un préalable indispensable à toute évaluation sérieuse de l’économie du secteur médiatique.
Dans un communiqué rendu public, l’ANME rappelle son implication continue pour préserver la viabilité des organes de presse, notamment durant la période critique de la pandémie de Covid-19. Cette mobilisation, souligne-t-elle, s’est inscrite dans une démarche plus large visant à renforcer la structuration du secteur, à améliorer les conditions d’exercice du métier et à consolider l’indépendance économique des entreprises médiatiques.
Au cœur des discussions figure la question de la redevabilité liée aux fonds publics. L’association indique envisager un recours à la Cour des comptes afin d’obtenir un inventaire exhaustif des aides distribuées sur deux décennies, tout en précisant la nécessité d’identifier les bénéficiaires réels et l’usage effectif de ces ressources. Pour l’ANME, la transparence ne saurait être partielle : elle doit permettre de comprendre à la fois les destinataires des subventions et leur impact concret sur le paysage médiatique.
Sur le plan institutionnel, l’ANME est également revenue sur la récente décision de la Cour constitutionnelle concernant certaines dispositions régissant le Conseil national de la presse (CNP). Sans se positionner comme partie lésée ou favorisée, l’association relève que cette situation pourrait retarder le renouvellement des instances du Conseil, avec des répercussions sur plusieurs chantiers professionnels, notamment la délivrance des cartes de presse et le fonctionnement des commissions spécialisées.
Par ailleurs, l’ANME a exprimé son mécontentement à la suite de propos tenus par Mohammed Ouzzine, secrétaire général du Mouvement populaire, lors d’une séance publique à la Chambre des représentants. L’organisation considère ces déclarations comme attentatoires à la considération due à ses membres, tout en affirmant refuser toute surenchère polémique.
Se définissant comme une composante indépendante du débat public, l’ANME réaffirme son attachement à une relation de complémentarité avec les institutions, loin des clivages partisans. À travers cette prise de position, elle entend replacer la transparence et la responsabilité au centre des discussions sur l’avenir de la presse marocaine.
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