Betterave sucrière : la production progresse de 31 % à Casablanca-Settat
La campagne betteravière 2025-2026 s’est achevée sur une note particulièrement favorable dans la région de Casablanca-Settat. La production de betterave sucrière a atteint près de 544 000 tonnes, portée par une hausse des superficies cultivées, des rendements supérieurs à 60 tonnes par hectare et une nette amélioration des conditions pluviométriques.
La filière de la betterave sucrière affiche de solides résultats dans la région de Casablanca-Settat au terme de la campagne agricole 2025-2026. Selon les données communiquées par l’Office régional de mise en valeur agricole des Doukkala (ORMVAD), la production s’est établie à environ 544 000 tonnes, soit une progression de 31 % sur un an.
Cette évolution s’accompagne d’une richesse saccharine moyenne estimée à près de 17 %, confirmant l’amélioration des performances techniques de la culture.
Des pluies nettement plus abondantes
L’évolution favorable de la campagne s’explique notamment par l’amélioration des conditions climatiques. Les précipitations enregistrées dans la zone ont atteint environ 418 millimètres, en hausse de 146 % par rapport à la campagne précédente.
Cette amélioration de la disponibilité hydrique a contribué à soutenir le développement des cultures et à favoriser de meilleurs résultats lors de la récolte. Les superficies consacrées à la betterave sucrière ont également progressé, atteignant près de 9 200 hectares, soit une hausse de 9 % en comparaison avec la campagne précédente.
Une campagne d’arrachage menée dans de bonnes conditions
Les opérations d’arrachage ont commencé le 1er juin 2026, conformément aux recommandations de la Commission technique régionale du sucre réunie le 6 mai dernier. Elles ont concerné les principaux bassins de production et se sont achevées le 21 juillet.
Les zones de Zemamra, Sidi Bennour, El Fargh et Gharbia ont notamment été concernées par ces opérations. D’après l’ORMVAD, la campagne s’est déroulée dans de bonnes conditions sur les plans organisationnel et technique, grâce à la coordination entre les différents intervenants.
Les données recueillies sur le terrain font ressortir un rendement supérieur à 60 tonnes par hectare et une richesse saccharine moyenne de 16,5 %. Le poids moyen des racines a également été jugé satisfaisant.
Un soutien renforcé aux producteurs
La progression de la production s’inscrit également dans un contexte de renforcement des mesures d’accompagnement des agriculteurs. Parmi les dispositifs mis en place figure le soutien aux engrais azotés ainsi que la revalorisation du prix d’achat de la betterave.
Le prix a ainsi été augmenté de 80 dirhams par tonne, pour atteindre 630 dirhams la tonne à partir de la campagne 2025-2026. Cette mesure vise notamment à améliorer la rentabilité de la culture et à maintenir son attractivité auprès des producteurs.
Les agriculteurs ont par ailleurs bénéficié de facteurs de production adaptés, d’un accompagnement technique renforcé et d’un suivi phytosanitaire des parcelles. Des outils modernes de surveillance ont également été utilisés afin de suivre l’évolution des cultures et de faciliter les interventions lorsque cela était nécessaire.
Une filière au cœur de l’économie agricole régionale
La betterave sucrière demeure l’une des filières agricoles stratégiques de Casablanca-Settat. Son développement s’inscrit dans les orientations de la stratégie « Génération Green », qui encourage notamment la modernisation des pratiques agricoles, l’amélioration de la productivité et l’utilisation de nouvelles technologies.
Au-delà de ses performances agricoles, la filière joue un rôle important sur le plan socio-économique. Elle génère plus de deux millions de journées de travail chaque année et procure aux producteurs un revenu moyen supérieur à 37 000 dirhams par hectare.
Ces chiffres illustrent le poids de cette culture dans l’activité agricole et dans la création de revenus au niveau régional.
L’enjeu de l’eau reste déterminant
Malgré ces résultats encourageants, la question de l’eau demeure centrale pour l’avenir de la filière. L’ORMVAD souligne ainsi l’importance d’assurer une dotation en eau d’irrigation au périmètre des Doukkala.
Dans ce contexte, les projets structurants liés à la mobilisation de nouvelles ressources hydriques, notamment le dessalement de l’eau de mer, pourraient contribuer à sécuriser davantage l’activité agricole.
Une meilleure disponibilité en eau permettrait notamment d’envisager une extension des superficies consacrées à la betterave et d’améliorer l’utilisation des capacités de transformation de l’usine sucrière régionale.
Cette dernière occupe une place importante dans le dispositif national de production de sucre et peut représenter, lors des campagnes normales, près de 40 % de la production nationale.
La campagne 2025-2026 confirme ainsi le potentiel de la filière betteravière dans les Doukkala. L’amélioration des conditions climatiques, l’accompagnement des producteurs, la modernisation des pratiques et la sécurisation de l’approvisionnement en eau apparaissent comme autant de leviers pour consolider durablement cette activité.
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