Casablanca prépare un gigantesque projet de transformation des déchets en énergie
Casablanca s’apprête à franchir une nouvelle étape dans sa stratégie environnementale avec un ambitieux projet de valorisation énergétique des déchets ménagers. La commune prévoit la création d’un vaste pôle d’enfouissement et de transformation des déchets dans la commune d’Al Majatia Oulad Taleb, au sein de la province de Médiouna.
Le projet, présenté récemment devant la commission des services publics de la ville, s’inscrit dans le cadre d’un futur contrat de gestion déléguée dont l’approbation est attendue lors de la deuxième session du mois de mai. La majorité des membres présents ont validé le texte, à l’exception des représentants du Parti de la Justice et du Développement.
À travers cette infrastructure, Casablanca ambitionne de transformer une partie importante de ses déchets ménagers en source d’énergie renouvelable. Le futur site devrait traiter près de 1,5 million de tonnes de déchets par an, avec un objectif affiché de réduction significative des émissions de gaz à effet de serre produites par les décharges traditionnelles.
Le projet prévoit un taux de valorisation des déchets atteignant 72 %, tandis que la part destinée à l’enfouissement devrait être progressivement réduite à 24 % durant la période du contrat. Cette orientation reflète la volonté des autorités locales d’accélérer la transition vers des solutions de gestion plus durables et moins dépendantes des méthodes classiques de stockage des déchets.
Le futur pôle reposera sur plusieurs unités complémentaires. La principale installation sera dédiée à la valorisation énergétique des déchets par incinération contrôlée. Selon les données présentées aux élus, cette unité pourrait générer jusqu’à 814 gigawattheures d’électricité par an, grâce à la transformation thermique des déchets ménagers.
Une unité d’enfouissement sera également aménagée afin de traiter les résidus qui ne pourront pas être valorisés énergétiquement. Le projet inclut aussi une station spécialisée dans le traitement du lixiviat, ces liquides issus de la décomposition des déchets susceptibles de polluer les sols et les nappes phréatiques. L’objectif annoncé est de limiter les impacts environnementaux grâce à des procédés conformes aux normes écologiques.
Le dispositif prévoit par ailleurs une unité de récupération et de valorisation du biogaz produit naturellement par les déchets organiques. Ce gaz, riche en méthane, sera transformé en énergie afin de réduire les émissions polluantes et de renforcer le rendement énergétique global du site.
Dans une logique de diversification des sources renouvelables, un champ solaire d’une capacité d’environ 50 mégawatts devrait également être intégré au projet pour contribuer à la production d’électricité verte.
Le futur centre sera implanté au douar Lahfari Merchich sur une superficie estimée à 243 hectares. Le contrat de gestion envisagé s’étendrait sur une durée de 33 ans et demi. Ce projet structurant illustre la pression croissante exercée sur les grandes métropoles marocaines pour moderniser leur gestion des déchets et développer des solutions énergétiques durables face aux défis environnementaux et démographiques.
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