Échanges internationaux : comment la fragmentation géopolitique redessine le commerce mondial
Malgré un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et la fragmentation des blocs économiques, le commerce mondial pourrait continuer d’afficher une trajectoire de croissance solide au cours de la prochaine décennie. Une nouvelle analyse prospective souligne que les échanges de marchandises devraient progresser à un rythme moyen annuel de 2,5 % jusqu’en 2034, une dynamique légèrement supérieure à celle attendue pour le PIB mondial.
À l’horizon 2034, la valeur du commerce mondial pourrait ainsi approcher les 30.000 milliards de dollars, contre environ 23.000 milliards en 2024. Cette progression ne se ferait toutefois pas à périmètre constant : les routes commerciales, les partenariats et les pôles d’influence seraient profondément redessinés.
Un monde commercial organisé autour de plusieurs pôles
L’évolution la plus probable dessine un paysage économique structuré autour d’un « réseau multi-nœuds fragmenté ». Dans ce modèle, les flux de marchandises s’organisent autour de quatre grands pôles, chacun développant ses propres logiques d’alliances et de priorités économiques.
Les États-Unis formeraient l’un de ces centres, avec une orientation de plus en plus tournée vers la production nationale et la sécurisation des chaînes d’approvisionnement. Cette stratégie devrait mécaniquement réduire leur part relative dans le commerce mondial, sans pour autant affaiblir leur poids économique global.
Face à eux, la Chine continuerait de consolider son rôle de plateforme commerciale majeure, notamment auprès des pays du Sud. Sa capacité industrielle, logistique et financière lui permettrait de rester un partenaire central pour de nombreuses économies émergentes, malgré un environnement international plus segmenté.
L’émergence de nouvelles coalitions commerciales
Deux autres pôles gagneraient progressivement en visibilité. Le premier regroupe des économies qualifiées de « plurilatéralistes », qui intensifieraient leurs échanges entre elles et avec une large partie des pays du Sud. Ces États miseraient sur la diversification de leurs partenaires et sur des accords souples pour capter la croissance future des marchés émergents.
Le second pôle rassemblerait les pays BRICS+, hors Chine. Ces économies chercheraient à renforcer leurs liens commerciaux avec le Sud global tout en développant des complémentarités accrues avec Pékin. Cette dynamique contribuerait à rééquilibrer certaines chaînes de valeur et à réduire la dépendance à des circuits traditionnels dominés par l’Occident.
Le rôle croissant du “reste du monde”
En marge de ces quatre ensembles, un vaste groupe de pays non alignés sur ces pôles structurants devrait jouer un rôle de plus en plus stratégique. Ces économies, souvent intermédiaires ou émergentes, s’imposeraient à la fois comme marchés de consommation, plateformes industrielles et fournisseurs de services.
Leur capacité à attirer des investissements, à offrir une main-d’œuvre compétitive et à sécuriser des ressources critiques pourrait faire d’elles des acteurs clés du commerce mondial de demain, au-delà des logiques de blocs.
Une mondialisation transformée, mais toujours active
Loin d’annoncer un recul durable des échanges, cette recomposition suggère plutôt une mutation de la mondialisation. Le commerce international resterait un moteur essentiel de croissance, mais fonctionnerait selon des circuits plus diversifiés, régionaux et politiquement marqués.
Pour les entreprises comme pour les États, l’enjeu ne sera plus seulement de produire à moindre coût, mais d’anticiper les nouveaux équilibres, de multiplier les partenariats et de sécuriser des réseaux d’approvisionnement capables de résister aux chocs géopolitiques.
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