Énergies renouvelables : le Maroc prépare une nouvelle génération de stations-service
Le Maroc s’apprête à faire évoluer le cadre administratif applicable aux projets de stations-service et de stations de remplissage. Une nouvelle circulaire du ministère de la Transition énergétique et du Développement durable doit entrer en vigueur le 31 octobre 2026, avec l’ambition de rendre les procédures plus claires, plus homogènes et davantage adaptées à la transformation du secteur énergétique.
Cette réforme intervient dans un contexte où le Royaume poursuit la modernisation de son administration énergétique et le développement des sources renouvelables. Le ministère travaille notamment à la numérisation de plusieurs prestations publiques liées aux stations-service et aux stations de remplissage.
Un parcours administratif davantage encadré
Pour les investisseurs, l’un des principaux changements réside dans la clarification des différentes étapes nécessaires à l’obtention des autorisations. Le nouveau dispositif précise le cheminement des dossiers, depuis leur dépôt jusqu’à la décision finale.
L’instruction doit notamment permettre de vérifier la recevabilité et la complétude des demandes, avant de procéder aux différentes évaluations nécessaires au projet. Les enquêtes de terrain et l’examen des aspects techniques s’inscrivent également dans ce processus.
L’objectif affiché est de réduire les divergences d’interprétation et d’assurer un traitement plus uniforme des demandes sur l’ensemble du territoire.
Vers une harmonisation des pratiques territoriales
La circulaire accorde une attention particulière à la coordination entre les services régionaux et provinciaux. Cette harmonisation vise à limiter les écarts dans le traitement administratif des projets et à offrir aux opérateurs une meilleure visibilité sur les différentes étapes de leurs demandes.
Le respect des délais réglementaires constitue également un axe important du dispositif. Pour les investisseurs, une procédure mieux balisée peut permettre de mieux anticiper les différentes phases d’un projet, notamment lorsqu’il implique des études techniques, des travaux d’aménagement ou des investissements importants.
Cette volonté d’améliorer l’efficacité administrative s’inscrit plus largement dans la démarche de transformation numérique engagée par le Département de la Transition énergétique. Le ministère a déjà mis en place des processus de dématérialisation concernant plusieurs prestations relatives aux stations-service et aux stations de remplissage.
La dématérialisation au cœur du nouveau dispositif
La plateforme électronique occupe une place centrale dans cette nouvelle approche. Son utilisation prioritaire doit contribuer à fluidifier la circulation des dossiers et à faciliter leur suivi par les différentes parties prenantes.
Au-delà du gain de temps potentiel, la dématérialisation doit également favoriser une meilleure traçabilité des opérations administratives. Elle participe ainsi à l’objectif plus large de modernisation des services publics relevant du secteur énergétique.
Pour les porteurs de projets, cette évolution pourrait progressivement réduire la dépendance aux démarches physiques et rendre le parcours administratif plus lisible.
Les énergies renouvelables s’invitent dans les nouvelles stations
La nouveauté ne concerne toutefois pas uniquement les procédures administratives. La circulaire introduit également une dimension énergétique en encourageant les investisseurs à réfléchir, dès la conception de leurs stations, à l’utilisation d’électricité issue de sources renouvelables.
Deux pistes sont particulièrement mises en avant : l’autoproduction d’électricité renouvelable et l’achat d’électricité d’origine renouvelable.
Il ne s’agit pas, à ce stade, d’imposer systématiquement une alimentation renouvelable aux nouvelles stations. L’approche repose davantage sur l’anticipation et l’intégration de cette possibilité dans la conception des projets.
Cette orientation rejoint la stratégie énergétique nationale, qui accorde une place croissante aux ressources renouvelables locales dans le développement des capacités de production électrique.
Une instruction coordonnée pour les projets intégrant du renouvelable
Les projets comportant une composante liée aux énergies renouvelables devront faire l’objet d’une coordination entre les directions compétentes. L’objectif est de permettre une instruction cohérente tout en maintenant l’application des règles, des exigences techniques et des délais réglementaires propres à chaque procédure.
Cette évolution pourrait avoir des conséquences concrètes sur la conception des futures stations. Les investisseurs pourraient être amenés à intégrer plus tôt les besoins électriques du site, les possibilités d’autoproduction ainsi que les modalités d’approvisionnement en électricité renouvelable.
Le développement de mécanismes permettant d’identifier l’origine renouvelable de l’électricité s’inscrit d’ailleurs dans une dynamique plus large. En 2026, le ministère a engagé la mise en place d’un système national de certificats d’origine de l’électricité renouvelable, destiné à attester la source renouvelable de l’électricité injectée dans le réseau.
Une transformation progressive du modèle de station-service
Avec ce nouveau cadre, le ministère poursuit donc deux objectifs complémentaires : simplifier le traitement administratif des projets et accompagner leur évolution énergétique.
La station-service pourrait ainsi progressivement dépasser son rôle traditionnel de simple infrastructure de distribution de carburants. À mesure que se développent l’électrification des transports, les énergies renouvelables et les nouveaux usages énergétiques, ces sites pourraient devenir des infrastructures plus polyvalentes, capables d’intégrer différentes formes d’approvisionnement et de services énergétiques.
L’entrée en vigueur prévue le 31 octobre 2026 constituera ainsi une nouvelle étape dans l’évolution du cadre applicable à ces infrastructures. Elle devra surtout permettre de mesurer, dans la pratique, si la simplification administrative et l’intégration anticipée des renouvelables peuvent se traduire par des projets plus rapides à instruire, mieux coordonnés et davantage alignés sur les ambitions énergétiques du Maroc.
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