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Équivalences universitaires : des milliers d’étudiants marocains dans l’impasse

Mercredi 11 Février 2026 - 19:15
Équivalences universitaires : des milliers d’étudiants marocains dans l’impasse

Des familles d’étudiants marocains poursuivant leurs études en Chypre du Nord ont organisé, ce mercredi à Rabat, un sit-in devant le siège du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation. En cause : le gel prolongé des procédures d’équivalence des diplômes universitaires, une situation jugée « injustifiée » et lourde de conséquences pour l’avenir académique et professionnel de milliers de jeunes.

Selon les manifestants, plus de 3 500 étudiants et diplômés seraient directement touchés par cette suspension administrative, en vigueur depuis plus d’un an et demi. Les familles dénoncent un climat d’incertitude qui bloque l’accès à l’emploi, aux concours publics et à la poursuite des études supérieures au Maroc.

Des choix fondés sur des indications officielles

Les parents assurent que l’orientation de leurs enfants vers les universités de Chypre du Nord s’est faite sur la base d’informations officielles antérieures. Plusieurs établissements figuraient, rappellent-ils, sur des listes publiées au Bulletin officiel, attestant de la reconnaissance de leurs diplômes. Pendant des années, les procédures d’équivalence se seraient déroulées sans restrictions particulières.

Dans ce contexte, les familles expliquent avoir consenti d’importants sacrifices financiers et personnels afin d’assurer à leurs enfants un parcours universitaire stable. La suspension actuelle est ainsi perçue comme « soudaine, injustifiée et difficile à comprendre ».

Une détresse psychologique croissante

Au-delà des blocages administratifs, les parents alertent sur la détresse psychologique de nombreux étudiants, certains attendant depuis plus de deux ans une réponse à leur demande d’équivalence. Des témoignages font état de situations de découragement profond, après plusieurs années d’études devenues, selon eux, sans perspective claire.

Une mère de famille a évoqué le cas d’étudiants ayant quitté l’Ukraine à la suite de la guerre, redirigés vers Chypre du Nord dans le cadre d’arrangements administratifs, avant de se retrouver aujourd’hui dans une impasse réglementaire. Cette situation les empêche de s’insérer professionnellement au Maroc, malgré l’obtention de leurs diplômes.

Un niveau académique reconnu à l’international

Les représentants des familles soulignent par ailleurs que certaines universités de Chypre du Nord bénéficient d’une reconnaissance académique à l’international. Leurs diplômés seraient admis en cycles supérieurs dans plusieurs pays européens et nord-américains. Pour les manifestants, le maintien du gel au Maroc risque davantage d’encourager l’émigration des compétences que leur retour et leur intégration dans le tissu national.

Appel à une décision claire et urgente

Les protestataires appellent le ministère de tutelle à intervenir rapidement, soit pour lever le gel des équivalences, soit pour publier une décision officielle et transparente clarifiant définitivement le statut des diplômes concernés. Selon eux, l’attentisme administratif ne fait qu’aggraver la situation des étudiants et de leurs familles.

Contactée à ce sujet, la représentante des parents d’étudiants, Sara Mahmoudi, affirme qu’environ 3 500 dossiers sont concernés. Elle précise que des demandes déposées depuis 2023 restent sans traitement, alors que la dernière équivalence accordée remonterait au début de l’année 2024. Elle rappelle également que la Chypre du Nord est devenue, ces dernières années, une destination alternative pour les étudiants marocains après le déclenchement de la guerre en Ukraine, ce qui a entraîné une forte hausse des inscriptions.

Des revendications précises

Les représentants des étudiants disent avoir été informés, lors de démarches auprès de l’administration, que le gel pourrait être lié à des considérations diplomatiques, notamment l’absence de reconnaissance politique officielle de la Chypre du Nord. Une explication que les familles contestent, estimant que « de nombreux pays, même sans reconnaissance politique formelle, continuent d’accepter les diplômes de ces universités ».

Face à cette situation, parents et étudiants formulent plusieurs revendications : la réactivation immédiate de la procédure d’équivalence, le traitement des dossiers en attente, la garantie des droits acquis pour les étudiants déjà engagés dans ces cursus, ainsi que l’amélioration de la communication institutionnelle. Ils insistent notamment sur la nécessité d’informer clairement les futurs étudiants afin d’éviter que de nouvelles générations ne se retrouvent confrontées aux mêmes blocages.


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