Maroc-Grèce : Rabat et Athènes veulent franchir un nouveau cap dans leur partenariat
Le Maroc et la Grèce affichent leur volonté de donner une nouvelle dimension à leur partenariat bilatéral. Réunis lundi à Athènes, Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, et George Gerapetritis, ministre grec des Affaires étrangères, ont convenu d’insuffler une dynamique plus ambitieuse aux relations entre les deux pays.
Cette rencontre revêt une portée particulière puisqu’elle intervient lors de la première visite en Grèce, depuis plus de trente ans, d’un ministre marocain des Affaires étrangères. Un déplacement qui ouvre la voie à une relance du dialogue politique et à une diversification des domaines de coopération.
Une volonté commune d’intensifier le dialogue
Les deux responsables ont souligné la qualité des relations maroco-helléniques et leur volonté de renforcer les échanges à différents niveaux. L’objectif affiché est notamment de multiplier les visites officielles et de développer une concertation plus régulière sur les dossiers bilatéraux, régionaux et internationaux présentant un intérêt commun.
Cette nouvelle orientation doit également se traduire par une coopération plus diversifiée. Rabat et Athènes souhaitent ainsi donner davantage de substance à leur partenariat économique et institutionnel, en s’appuyant sur des mécanismes de coopération jugés plus efficaces.
Une feuille de route en préparation
Les discussions ont porté sur les contours d’une feuille de route destinée à accompagner cette nouvelle phase des relations bilatérales. Celle-ci devrait couvrir plusieurs secteurs considérés comme stratégiques pour les deux pays.
L’économie et le commerce, les investissements, les énergies vertes, la défense, le tourisme et le transport maritime figurent parmi les domaines évoqués. La culture, la justice et les questions consulaires devraient également faire partie de cette démarche.
Cette feuille de route doit notamment préparer la prochaine visite de George Gerapetritis au Maroc, annoncée comme imminente. Elle devrait permettre de transformer les orientations politiques affichées par les deux capitales en projets et mécanismes de coopération plus concrets.
Un cadre juridique appelé à évoluer
Pour accompagner cette relance, les deux ministres ont insisté sur la nécessité de dynamiser les structures chargées du suivi de la coopération bilatérale. L’enjeu consiste à accélérer leur fonctionnement et à améliorer leur capacité à produire des résultats tangibles.
Rabat et Athènes souhaitent également actualiser le cadre juridique encadrant leurs relations. Cette mise à jour doit permettre d’adapter les instruments existants aux nouvelles priorités du partenariat et aux secteurs appelés à connaître un développement accru.
Le partenariat Maroc-UE en toile de fond
Le rapprochement entre le Maroc et la Grèce s’inscrit par ailleurs dans une relation plus large entre le Royaume et l’Union européenne. Les deux diplomates ont relevé le rôle positif joué par Athènes dans les efforts visant à approfondir les relations Maroc-UE.
Ils ont également salué les résultats de la 15e session du Conseil d’association Maroc-UE ainsi que le lancement du nouveau Pacte pour la Méditerranée, deux éléments considérés comme importants dans l’évolution des relations entre les deux rives de la Méditerranée.
Des convergences sur les enjeux sécuritaires
Les discussions ont enfin porté sur la coopération au sein des organisations internationales. Le Maroc et la Grèce ont mis en avant la qualité de leur coordination et leur volonté de contribuer conjointement aux efforts en faveur de la stabilité, de la sécurité et de la paix aux niveaux régional et international.
Les deux pays ont notamment relevé des convergences dans la lutte contre le terrorisme et contre la migration irrégulière. Ces domaines constituent ainsi un autre axe susceptible de renforcer la coopération entre Rabat et Athènes.
Avec cette rencontre, les deux capitales semblent vouloir passer d’une relation fondée sur des échanges réguliers à un partenariat davantage structuré autour de secteurs économiques, énergétiques, sécuritaires et culturels. La prochaine visite du ministre grec au Maroc devrait permettre de préciser les contours de cette nouvelle étape.
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