Prix du poulet au Maroc : le kilogramme atteint 24 dirhams à Casablanca
Le marché de la volaille connaît un nouveau regain de tension au Maroc. À Casablanca, le prix du poulet vif atteint désormais 22 à 24 dirhams le kilogramme dans plusieurs marchés, tandis que les tarifs de gros se situent autour de 17 à 17,50 dirhams. Une évolution qui intervient après plusieurs mois de fortes fluctuations ayant fragilisé l’équilibre économique de la filière.
Selon des détaillants cités par Assahraa Al Maghribia, cette progression des prix traduit principalement une contraction de l’offre disponible. Pour Mustapha Montasser, président de l’Association nationale des producteurs de viandes de volailles (APVE), la situation actuelle est directement liée aux déséquilibres accumulés au sein de la filière au cours des derniers mois.
Une surproduction qui a lourdement pénalisé les éleveurs
Le paradoxe du marché réside dans le fait que la hausse actuelle intervient après une période marquée par une production particulièrement importante. À l’approche de l’Aïd Al-Adha, les volumes avaient atteint entre 12 et 12,5 millions de poussins par semaine.
Cette abondance s’est toutefois heurtée à une baisse importante de la demande durant la période de l’Aïd. Les élevages se sont retrouvés avec des volumes élevés de volailles, entraînant une forte pression sur les prix à la production.
Le kilogramme de poulet avait alors chuté jusqu’à 6 à 8 dirhams, un niveau qui aurait généré des pertes considérables pour les professionnels. Face à cette dégradation de leurs marges, plusieurs éleveurs ont réduit ou interrompu temporairement leur activité et n’ont pas renouvelé leurs élevages durant les mois de mai et juin.
Ce retrait du marché produit désormais son effet avec plusieurs semaines de décalage. La baisse des mises en production se traduit aujourd’hui par une disponibilité plus faible des volailles, alors que la demande demeure présente.
Le recul des poussins fragilise aussi les couvoirs
La crise n’a pas épargné les différents maillons de la chaîne. Le prix des poussins était lui aussi tombé à des niveaux particulièrement bas, entre 0,30 et 0,50 dirham l’unité.
Dans ce contexte, certains couvoirs auraient décidé de vendre plus tôt leurs reproductrices afin de réduire leurs pertes, selon Mustapha Montasser. Une décision qui a contribué à diminuer les capacités de production et qui se répercute aujourd’hui sur les volumes disponibles.
Ce mécanisme illustre le caractère cyclique des tensions qui touchent la filière : une période de surproduction fait chuter les prix, pousse certains opérateurs à réduire leurs activités, puis cette contraction de l’offre alimente quelques mois plus tard une nouvelle hausse des tarifs.
La filière plaide pour davantage de capacités de stockage
Pour le président de l’APVE, la situation met en évidence une faiblesse structurelle du marché : l’absence de moyens suffisamment développés pour absorber les excédents lors des périodes de forte production.
Le développement des abattoirs industriels et des infrastructures frigorifiques figure ainsi parmi les solutions avancées par les professionnels. L'idée consiste à transformer une partie des excédents en stocks congelés lorsque la production dépasse les besoins du marché, afin de pouvoir les remettre progressivement en circulation lors des périodes de tension.
Un tel mécanisme permettrait de réduire l’amplitude des fluctuations et d'apporter davantage de visibilité aux producteurs comme aux consommateurs.
Une tension attendue jusqu’à la mi-octobre
La pression sur les prix devrait, selon les prévisions avancées par Mustapha Montasser, se prolonger au cours des prochaines semaines. La production resterait limitée pendant la deuxième moitié de septembre et durant la première partie du mois d’octobre.
Une amélioration progressive pourrait intervenir à partir de la fin octobre, à mesure que les éleveurs reprennent leurs investissements et relancent leurs cycles de production. Pour novembre et décembre, les prix pourraient ainsi revenir autour de 12 à 14 dirhams le kilogramme, selon les projections citées.
Cette évolution dépendra toutefois de la capacité des producteurs à reconstituer rapidement leurs volumes et de l'évolution des coûts de production.
La dinde résiste mieux aux fluctuations
Le marché de la dinde présente actuellement une configuration différente. Les prix se situent autour de 15 à 16 dirhams le kilogramme, dans un contexte où les infrastructures industrielles jouent un rôle plus important dans la régulation de l’offre.
Selon les éléments avancés par l’APVE, environ 80 % de la filière dinde serait couverte par des abattoirs industriels et des unités frigorifiques. Cette organisation permettrait notamment de stocker une partie de la production et de mieux absorber les variations de la demande.
La comparaison avec la filière poulet met ainsi en évidence l’importance des capacités de transformation et de stockage dans la stabilité des prix.
Les coûts des intrants constituent un autre risque
À cette problématique de l’offre s’ajoute celle des charges supportées par les éleveurs. La filière reste particulièrement exposée à l'évolution du prix de plusieurs intrants essentiels, notamment le soja, le maïs et le fioul.
Une nouvelle hausse de ces matières premières pourrait alourdir les coûts de production et compliquer davantage le retour à des prix plus stables. Pour les professionnels, la maîtrise de ces charges constitue donc un enjeu supplémentaire, alors que le marché tente déjà de retrouver un équilibre après plusieurs mois de fortes variations.
La situation actuelle du poulet illustre ainsi la difficulté de maintenir un équilibre durable entre production, demande, capacités de stockage et coûts d'élevage. La mise en place de mécanismes permettant de mieux gérer les périodes de surplus apparaît comme l’un des principaux enjeux pour limiter à l’avenir les cycles de flambée et de chute des prix.
-
23:00
-
22:44
-
22:31
-
22:15
-
22:09
-
22:00
-
21:44
-
21:31
-
21:15
-
21:00
-
20:44
-
20:31
-
20:15
-
20:09
-
19:45
-
19:30
-
19:15
-
19:09
-
18:40
-
18:31
-
18:15
-
18:00
-
17:45
-
17:31
-
17:30
-
17:15
-
17:00
-
16:44
-
16:42
-
16:28
-
16:15
-
16:06
-
15:52
-
15:44
-
15:33
-
15:31
-
15:15
-
15:12
-
15:08
-
15:00
-
14:45
-
14:45
-
14:30
-
14:30
-
14:25
-
14:17
-
14:15
-
14:00
-
13:57
-
13:48
-
13:44
-
13:34
-
13:30
-
13:15
-
13:10
-
12:55
-
12:44
-
12:30
-
12:15
-
12:02
-
11:43
-
11:31
-
11:15
-
11:00
-
10:44
-
10:34
-
10:15
-
10:00
-
09:44
-
09:36
-
09:32
-
09:30
-
09:15
-
09:00
-
08:45
-
08:38
-
08:30
-
08:15
-
08:06
-
08:00
-
07:57
-
07:53
-
07:47
-
07:45
-
07:35
-
07:30
-
07:15
-
07:09
-
07:07
-
07:00
-
23:44
-
23:31
-
23:15