Terrorisme : Le Congrès américain accentue la pression pour classer le Polisario
Le vent tourne à Washington concernant le statut du Front Polisario. Ce lundi 27 avril 2026, l’offensive législative visant à désigner le mouvement séparatiste comme organisation terroriste a franchi un nouveau palier avec le ralliement de Tim Moore. Ce congressman républicain de Caroline du Nord, figure influente et ancien président de la Chambre des représentants de son État, devient le treizième cosignataire du Polisario Front Terrorist Designation Act. Ce soutien de poids illustre une accélération sans précédent d'une procédure qui inquiète désormais les plus hautes sphères du département d'État.
Une accélération législative sous l’angle sécuritaire
Initialement déposée en juin 2025 par le représentant Joe Wilson, la proposition de loi semble avoir trouvé son second souffle. Si les six premiers soutiens avaient mis plus de six mois à se cristalliser, le texte a enregistré sept nouvelles adhésions depuis février dernier. Ce regain d'intérêt ne doit rien au hasard : les élus américains pointent avec une insistance croissante les liaisons dangereuses entre le Polisario et l'Iran.
Au cœur du dossier, des allégations de transferts de drones sophistiqués par le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC) et une coopération accrue en matière de renseignement dans la zone instable du Sahel. Pour les législateurs, le Polisario ne serait plus seulement un mouvement séparatiste, mais un vecteur potentiel d'instabilité régionale sous influence téhéranaise.
Le Sénat et le département d’État en première ligne
Parallèlement à la Chambre, le Sénat a activé une mécanique encore plus radicale. Porté par des ténors comme Ted Cruz, Tom Cotton et Rick Scott, le texte déposé à la chambre haute propose un déclenchement automatique des sanctions financières et des gels d'avoirs dès lors qu'une collusion avec l'Iran serait formellement établie par les services de renseignement.
L'administration Biden, par la voix de Monica Jacobsen, responsable au bureau de la lutte antiterroriste, a admis partager ces préoccupations lors d'une audience publique le 21 avril dernier. Tout en restant prudente, la diplomatie américaine reconnaît que la zone d'opération du Polisario, à la lisière des trafics sahéliens et de l'activisme armé, constitue une « vulnérabilité » que l'Iran cherche activement à exploiter.
Vers un briefing classifié
L'étau semble se resserrer. Le département d'État a confirmé qu'un briefing classifié serait prochainement organisé pour les élus du Congrès. Cette session à huis clos devrait permettre de lever le voile sur les preuves accumulées par la communauté du renseignement concernant la collaboration présumée entre le mouvement basé à Tindouf et le Hezbollah.
Si ce texte venait à être adopté, il marquerait une rupture historique dans la politique étrangère américaine au Maghreb, transformant radicalement le cadre de gestion du conflit du Sahara et isolant davantage les soutiens régionaux du mouvement séparatiste sur la scène internationale.
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