Eurobond : le Maroc consolide sa crédibilité sur les marchés financiers internationaux
Le Maroc confirme une nouvelle fois sa capacité à mobiliser des financements internationaux dans des conditions jugées favorables malgré un contexte mondial incertain. Le Royaume a réussi une nouvelle émission obligataire en euros, levant 2,25 milliards d’euros à travers deux maturités longues, une opération qui témoigne de la confiance persistante des investisseurs étrangers dans la solidité de la signature souveraine marocaine.
Pilotée par la Direction du Trésor et des finances extérieures, cette sortie sur le marché international intervient un peu plus d’un an après une précédente levée de 2 milliards d’euros réalisée en mars 2025. Cette nouvelle opération a été structurée autour de deux tranches : une première de 1,25 milliard d’euros arrivant à échéance en 2034 et une seconde d’un milliard d’euros avec une maturité fixée à 2038.
L’émission a suscité un fort intérêt des investisseurs internationaux. La demande globale a atteint environ 5,2 milliards d’euros, soit plus du double du montant recherché. Ce niveau de souscription illustre l’attractivité continue du papier souverain marocain, même dans un environnement financier marqué par une hausse des primes de risque et une volatilité accrue des marchés.
Les conditions de financement obtenues traduisent également cette confiance. Les marges ont été fixées à 170 points de base au-dessus des références de marché pour la tranche à huit ans et à 200 points de base pour celle à douze ans. Ces niveaux apparaissent plus avantageux que les premières indications communiquées lors du lancement de l’opération, permettant au Royaume d’améliorer son coût de financement au fil du placement.
Cette performance intervient pourtant dans un contexte international moins favorable qu’en 2025. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, combinées au resserrement progressif des politiques monétaires et à la prudence croissante des investisseurs, ont compliqué l’accès aux marchés pour plusieurs économies émergentes. Certains États ont même choisi de reporter leurs émissions obligataires en raison des conditions financières jugées moins favorables.
Dans ce climat, la capacité du Maroc à attirer une demande soutenue sur des maturités longues est perçue comme un signal positif sur la résilience de son économie et sur la crédibilité de sa gestion financière. Plusieurs analystes estiment que le Royaume bénéficie d’une image relativement stable auprès des investisseurs internationaux, soutenue notamment par la poursuite des réformes économiques et la diversification progressive des sources de financement.
Le recours au marché en euros reflète également l’importance des relations économiques entre le Maroc et l’Union européenne. Les autorités cherchent à aligner davantage la structure de la dette extérieure sur les principaux flux commerciaux et d’investissement du pays, l’Europe demeurant le premier partenaire économique du Royaume.
Cette stratégie s’inscrit dans un contexte de besoins de financement importants. La loi de finances 2026 prévoit jusqu’à 60 milliards de dirhams de nouveaux emprunts extérieurs afin de soutenir les grands projets d’infrastructures, les investissements énergétiques et les préparatifs liés à l’organisation de la Coupe du monde 2030. L’État poursuit également plusieurs programmes de soutien économique et social destinés à accompagner la stabilité des prix et l’investissement public.
Par ailleurs, la perception du Maroc auprès des agences de notation internationales s’est progressivement améliorée ces derniers mois. En septembre dernier, l’agence Standard & Poor’s avait relevé la note souveraine du Royaume à “BBB-” avec perspective stable, permettant au pays de retrouver la catégorie “investment grade”. Cette évolution renforce la confiance des investisseurs institutionnels et facilite l’accès du Maroc aux marchés internationaux.
L’opération financière a été coordonnée par BNP Paribas, Citi, Deutsche Bank et JPMorgan Chase, tandis que Lazard est intervenu en tant que conseiller financier. Les obligations seront cotées à la Bourse de Londres et compensées via les plateformes internationales Euroclear et Clearstream.
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