La BAD veut libérer l’Afrique de sa dépendance financière
Soixante ans après sa création, la Banque africaine de développement continue de porter une ambition forte : permettre au continent africain de financer lui-même son développement. Inspirée par la vision panafricaine de Kwame Nkrumah, l’institution ne se limite plus à son rôle traditionnel de bailleur de fonds et cherche désormais à bâtir une stratégie durable face à la baisse du soutien occidental.
Sous la présidence de Sidi Ould Tah, la banque concentre ses efforts sur plusieurs priorités majeures, notamment la sécurité alimentaire, le développement des infrastructures et l’accès à l’électricité. Cette orientation intervient dans un contexte international marqué par la réduction progressive des aides publiques venues des États-Unis et de plusieurs pays européens.
Le retrait de la contribution américaine au Fonds africain de développement a constitué un signal fort. Cette décision a poussé la BAD à revoir son modèle de financement en diversifiant ses partenaires, notamment vers les pays du Golfe, jusque-là moins présents dans son capital. Cette réorientation a permis à l’institution de préserver sa capacité d’intervention malgré un environnement économique mondial plus incertain.
En 2023, le Fonds africain de développement a réussi à mobiliser 11 milliards de dollars auprès de 43 partenaires internationaux. Ce niveau de financement représente un record pour l’institution, qui cherche désormais à transformer l’épargne africaine en moteur de croissance grâce à de nouveaux instruments financiers adaptés aux réalités du continent.
Réunie à Abidjan en avril 2026, la BAD a présenté sa Nouvelle architecture financière africaine. Cette initiative vise à mieux valoriser les ressources internes du continent. Selon l’institution, l’Afrique pourrait mobiliser jusqu’à 1 430 milliards de dollars par an en exploitant davantage ses richesses fiscales, humaines, commerciales et naturelles.
Malgré ce potentiel considérable, plusieurs obstacles demeurent. Les flux financiers illicites, les transferts de bénéfices non déclarés et l’instabilité dans certaines régions freinent encore cette dynamique. Chaque année, des centaines de milliards de dollars échappent aux économies africaines, privant le continent de ressources précieuses pour investir dans ses propres infrastructures.
Pour la BAD, l’enjeu dépasse désormais le simple financement. Il s’agit de bâtir une souveraineté économique africaine capable de réduire la dépendance extérieure. Dans un monde où les priorités géopolitiques évoluent rapidement, la capacité de l’Afrique à mobiliser ses propres ressources pourrait devenir l’un des piliers essentiels de son développement futur.
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