-
23:55
-
23:47
-
23:40
-
23:20
-
23:00
-
22:40
-
22:20
-
22:00
-
21:44
-
21:30
-
21:14
-
21:02
-
20:45
-
20:30
-
20:15
-
20:02
-
19:45
-
19:30
-
19:00
-
18:44
-
18:30
-
18:18
-
18:11
-
17:45
-
17:30
-
17:17
-
17:14
-
16:45
-
16:30
-
16:00
-
15:53
-
15:44
-
15:30
-
15:20
-
15:15
-
15:01
-
15:00
-
14:45
-
14:30
-
14:26
-
14:25
-
14:00
-
13:40
-
13:30
-
13:00
-
12:44
-
12:30
-
12:00
-
11:44
-
11:30
-
11:30
-
11:00
-
10:44
-
10:39
-
10:30
-
10:00
-
09:30
-
09:23
-
09:22
-
09:20
-
09:09
-
09:00
-
08:44
-
08:30
-
08:00
-
07:44
-
07:27
-
07:14
Travail saisonnier : le Maroc, pilier des recrutements espagnols en 2025
L’année 2025 marque un tournant pour les programmes espagnols de migration circulaire. Selon les données publiées par le Ministère espagnol de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, près de 26.000 travailleurs saisonniers ont été recrutés directement depuis leur pays d’origine, un niveau inédit depuis la mise en place du dispositif au début des années 2000. Cette progression, en hausse d’environ 25 % par rapport à 2024, confirme l’ancrage durable de ces programmes dans la réponse aux besoins du marché du travail espagnol.
Dans cette dynamique, le Maroc occupe une place centrale. Les ressortissants marocains représentent 81 % des recrutements réalisés en 2025, loin devant les autres pays partenaires. Le profil dominant est féminin : 92 % des personnes recrutées sont des femmes, majoritairement employées dans l’agriculture, avec un âge moyen avoisinant les 43 ans. Une réalité qui souligne le rôle déterminant des travailleuses marocaines dans certaines filières agricoles espagnoles.
Derrière le Maroc, la Colombie arrive à distance avec 13 % des effectifs, suivie du Honduras (4 %). Au total, 17 pays ont pris part à la campagne de recrutement cette année, pour des affectations réparties sur 21 provinces espagnoles. La province de Huelva concentre à elle seule 84 % des emplois saisonniers, notamment dans les cultures intensives, illustrant la forte concentration géographique de ces besoins en main-d’œuvre.
Au-delà des chiffres, les autorités espagnoles mettent en avant un cadre strictement encadré. Les programmes de Gestion collective des recrutements à l’origine (GECCO) reposent sur l’octroi collectif d’autorisations de séjour et de travail, limitées dans le temps, avec un retour obligatoire dans le pays d’origine à l’issue de la mission. Cette approche s’inscrit dans une politique de migration régulière, pensée comme un outil de régulation des flux et d’adéquation entre l’offre et la demande de travail saisonnier.
Cette orientation devrait encore se renforcer avec le lancement du programme WAFIRA II, issu d’un partenariat entre l’Espagne, la France et le Maroc. Prévu pour la période 2026-2028, ce dispositif accompagnera 3.000 travailleurs marocains employés de manière saisonnière en Europe. Soutenu par l’Union européenne et élargi à six pays partenaires, il vise à mieux préparer les travailleurs avant leur départ, à améliorer leurs conditions d’emploi à l’étranger et à faciliter leur retour et leur réintégration au Maroc, notamment à travers la formation et l’appui à l’entrepreneuriat.
À l’heure où l’Espagne fait face à des tensions structurelles sur son marché du travail saisonnier, la migration circulaire s’impose ainsi comme un levier stratégique. Pour le Maroc, elle constitue à la fois une opportunité économique et un enjeu social majeur, porté en grande partie par des femmes devenues indispensables au fonctionnement de certaines filières agricoles européennes.