Gaza : Netanyahu rejette la feuille de route américaine acceptée par le Hamas
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé le rejet de la dernière proposition américaine destinée à encadrer la prochaine phase du processus de paix à Gaza, alors que le Hamas avait donné son accord au texte. Cette prise de position révèle de nouvelles divergences entre le chef du gouvernement israélien et son principal allié à Washington, Donald Trump.
Présenté fin juillet par le « Conseil de paix » mis en place par le président américain, le document en 15 points prévoit notamment un retrait progressif des forces israéliennes de Gaza en contrepartie d’un désarmement du Hamas. Benjamin Netanyahu refuse toutefois tout retrait avant ce qu’il considère comme un désarmement complet et effectif du mouvement palestinien.
Netanyahu durcit sa position
Lors d’une réunion de son cabinet, Benjamin Netanyahu a clairement conditionné tout mouvement de l’armée israélienne à la disparition de l’arsenal du Hamas. Il affirme qu’Israël ne pourra accepter un processus conduisant à un retrait tant que le désarmement ne sera pas, selon lui, réel et vérifiable.
Le Premier ministre israélien tente ainsi de répondre aux fortes pressions exercées par ses partenaires de droite et d’extrême droite, particulièrement hostiles à la proposition américaine. Cette question intervient dans un contexte politique sensible, à quelques semaines des élections législatives prévues le 27 octobre.
Les sondages placent Benjamin Netanyahu dans une situation disputée face à ses adversaires. Le plan américain étant largement contesté au sein de son électorat de droite, son rejet lui permet également de consolider son positionnement auprès de cette partie de la scène politique israélienne.
Une relation avec Trump mise à l’épreuve
Tout en rejetant le texte, Benjamin Netanyahu a pris soin de maintenir un discours positif à l’égard de Donald Trump, qu’il continue de présenter comme un allié majeur d’Israël à la Maison-Blanche.
Le chef du gouvernement israélien a néanmoins laissé entendre que l’alliance avec Washington ne signifiait pas une adhésion automatique aux propositions américaines. Il entend conserver une marge de manœuvre sur les questions liées à la sécurité et à l’avenir de Gaza.
Cette divergence rappelle les tensions déjà apparues entre les deux dirigeants au cours des derniers mois, notamment autour des discussions relatives à un cessez-le-feu entre Washington et Téhéran.
Le Hamas appelle Washington à intervenir
De son côté, le Hamas a demandé aux États-Unis de faire pression sur le gouvernement israélien afin que celui-ci respecte la feuille de route. Le mouvement considère que le refus israélien risque de compromettre le processus négocié autour de la deuxième phase du plan américain.
Le dispositif prévoit que le désarmement et la gestion des armes du Hamas soient supervisés par le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), une structure palestinienne à caractère technocratique destinée à administrer le territoire durant une période transitoire.
Le mécanisme reste cependant bloqué, notamment en raison du refus israélien d’autoriser l’entrée du comité à Gaza depuis l’Égypte.
Le désarmement au cœur du blocage
La question des armes constitue désormais le principal obstacle à la mise en œuvre du plan. Le Hamas défend l’idée d’un processus progressif, tandis qu’Israël réclame la suppression totale de l’arsenal du mouvement.
Nikolaï Mladenov, haut représentant du « Conseil de paix » pour Gaza, tente de rapprocher les positions. Après avoir rencontré Benjamin Netanyahu, il a affirmé que le retrait israélien pourrait intervenir une fois le désarmement du Hamas effectivement réalisé.
Il a également indiqué que les discussions avec Israël se poursuivaient et exprimé l’espoir qu’elles permettent de parvenir à une issue acceptable pour les différentes parties.
Une trêve toujours fragile
Malgré l’existence d’un cessez-le-feu depuis octobre, la situation demeure instable dans la bande de Gaza. Des incidents continuent d’être signalés, notamment dans le sud du territoire.
Dimanche, un enfant a notamment été blessé par des tirs et hospitalisé à Khan Younès, selon la Défense civile.
D’après les données du ministère de la Santé à Gaza, contrôlé par le Hamas et dont les chiffres sont régulièrement repris par les Nations unies, les opérations militaires israéliennes ont fait 1 258 morts depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. L’armée israélienne affirme pour sa part avoir enregistré cinq militaires tués ainsi qu’un employé civil sous contrat durant cette même période.
Dans ce contexte, l’Égypte, acteur central des médiations, appelle les différentes parties à respecter leurs engagements et à éviter toute initiative susceptible de fragiliser les avancées obtenues.
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