Inondations au Maroc : les raisons derrière l’exclusion de certaines régions
Au début de l’année 2026, le Maroc a été confronté à des crues et inondations d’une intensité inhabituelle, provoquant d’importants dégâts matériels et humains. Face à l’ampleur de la situation, le Chef du gouvernement a déclaré ces intempéries comme événement catastrophique et a désigné plusieurs communes relevant des provinces de Larache, Kénitra, Sidi Kacem et Sidi Slimane comme zones sinistrées.
Cependant, l’absence d’autres territoires durement touchés — notamment Chefchaouen, Taounate, Taza et Al Hoceïma — a rapidement alimenté le débat public. Certains responsables politiques et médias ont évoqué un possible durcissement des conditions d’indemnisation après la modification, en 2024, du décret d’application de la loi relative à la couverture des événements catastrophiques.
Un débat juridique souvent mal interprété
Selon des spécialistes du droit des assurances, la polémique repose en partie sur une confusion concernant la portée du décret du 15 février 2024. Celui-ci fixe des seuils temporels permettant de déterminer la durée maximale d’un événement catastrophique — 504 heures pour les inondations et 168 heures pour les séismes et tsunamis — afin d’encadrer juridiquement les sinistres.
Lorsque cette durée est dépassée, l’événement peut être considéré comme plusieurs événements distincts. Cette logique ne vise pas à exclure des territoires, mais à faciliter la gestion technique du risque et son transfert vers le marché international de la réassurance.
Un mécanisme destiné à stabiliser le système assurantiel
Ce fractionnement temporel correspond aux standards internationaux en matière de gestion des catastrophes naturelles. Il permet aux réassureurs de disposer d’un cadre clair pour couvrir les risques et d’ajuster leurs garanties si un sinistre se prolonge.
Dans un contexte marqué par la multiplication des catastrophes naturelles, ce mécanisme contribue à préserver l’équilibre financier du système assurantiel marocain et à maintenir sa capacité d’indemnisation, tant pour les acteurs publics que privés.
Pourquoi certaines régions n’ont-elles pas été reconnues ?
La reconnaissance officielle d’un événement catastrophique ne dépend pas directement du décret modifié en 2024, mais de la loi 110-14, qui définit les conditions d’indemnisation des victimes.
La déclaration repose sur une évaluation technique menée par la Commission de suivi des événements catastrophiques, composée de plusieurs départements ministériels. Cette instance examine notamment l’intensité du phénomène, son caractère soudain ou imprévisible et la gravité de ses impacts collectifs.
L’acte administratif du Chef du gouvernement, publié au Bulletin officiel dans un délai maximal de trois mois, précise ensuite les zones sinistrées, la date et la durée de l’événement.
Plusieurs hypothèses pour expliquer l’exclusion
L’absence de certaines régions de la liste officielle peut s’expliquer par plusieurs facteurs. D’abord, les données météorologiques et hydrologiques peuvent ne pas avoir démontré une intensité jugée juridiquement « anormale » au sens de la loi, malgré des dégâts réels pour les habitants.
Ensuite, l’instruction technique peut être encore en cours. La réglementation permet la publication d’un arrêté complémentaire si les analyses ultérieures confirment que les critères légaux sont remplis.
Un enjeu de transparence publique
Au-delà de la controverse juridique, la question centrale reste celle de la transparence. L’absence d’explications détaillées sur les critères techniques retenus favorise les interprétations et nourrit la défiance.
Dans un domaine aussi sensible que l’indemnisation des catastrophes naturelles, la pédagogie institutionnelle apparaît essentielle. Clarifier les méthodes d’évaluation, les seuils retenus et le calendrier des décisions constitue un levier clé pour renforcer la confiance des citoyens face à des événements climatiques appelés à se multiplier.
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