Transition énergétique : le ciment marocain s’engage dans une mutation stratégique
Présentée à Bouknadel, la nouvelle feuille de route de décarbonation du secteur cimentier marocain marque un tournant stratégique dans la transition énergétique du Royaume. Dévoilée lors d’une conférence réunissant notamment Ryad Mezzour et Leila Benali, cette initiative ambitionne de réduire de 23 % les émissions de CO₂ à l’horizon 2030.
Portée par Association Professionnelle des Cimentiers, la stratégie est le fruit d’une collaboration élargie incluant des partenaires internationaux tels que la Banque européenne pour la reconstruction et le développement et le Global Cement and Concrete Association. Elle s’inscrit pleinement dans les engagements climatiques du Maroc et sa volonté de renforcer sa souveraineté énergétique.
Une transformation industrielle en profondeur
Au cœur de cette feuille de route figurent plusieurs leviers structurants destinés à transformer durablement l’industrie cimentière :
- amélioration de l’efficacité énergétique
- recours accru aux énergies renouvelables
- réduction de la part du clinker dans la production
- développement de combustibles alternatifs
- innovation technologique
Pour Ryad Mezzour, la décarbonation ne se limite plus à un impératif environnemental. Elle représente également une opportunité industrielle majeure. Le ministre a notamment évoqué la possibilité de produire des carburants de synthèse à partir du CO₂ capté, ouvrant ainsi la voie à une énergie « 100 % marocaine » et réduisant la dépendance aux hydrocarbures.
Miser sur la valorisation du CO₂
Face aux émissions incompressibles, estimées à près de 10 % des émissions nationales, les autorités appellent à dépasser les approches classiques comme le stockage du carbone. L’accent est désormais mis sur la captation et la valorisation du CO₂, notamment pour alimenter les transports publics via des carburants alternatifs.
Un secteur déjà en avance
Selon Said Elhadi, l’industrie cimentière marocaine affiche déjà des performances encourageantes :
- Une empreinte carbone de 576 kg par tonne, soit 15 % en dessous de la moyenne mondiale
- Un mix énergétique composé à 80 % d’électricité verte
Malgré ces avancées, il souligne que l’atteinte de la neutralité carbone nécessitera des technologies de rupture et une coordination étroite entre les acteurs publics et privés.
Former pour accélérer la transition
L’accompagnement humain constitue un autre pilier essentiel. Nouzha Alaoui a ainsi présenté un programme de formation sur trois ans visant plus de 500 professionnels. Ce dispositif vise à passer d’une simple sensibilisation à une approche opérationnelle, notamment à travers des outils adaptés comme le « bilan carbone » contextualisé au Maroc.
Une stratégie alignée sur les engagements climatiques
Alignée sur la Contribution Déterminée au niveau National (CDN 3.0), cette feuille de route illustre la volonté du Maroc de concilier développement industriel et transition écologique. Elle prépare également le terrain à l’intégration de technologies avancées telles que le captage, l’utilisation et le stockage du carbone (CCUS), appelées à jouer un rôle clé dans les décennies à venir.
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