Maroc : plan triennal pour contrôler la masse salariale
Le gouvernement marocain a annoncé une réforme majeure dans la gestion des dépenses de personnel de la fonction publique, avec l’instauration d’une planification triennale stricte. La circulaire, publiée en mars 2026 par le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, impose à l’ensemble des ministères et établissements publics de prévoir, encadrer et suivre de manière anticipative toutes les opérations liées aux ressources humaines. Cette initiative intervient dans un contexte de pressions budgétaires croissantes et vise à concilier continuité des services publics et rationalisation des charges salariales.
Les dépenses de personnel représentent un poste central du budget de l’État et influent directement sur l’équilibre financier global, conditionnant les marges disponibles pour l’investissement public. Face à une augmentation significative de ces charges ces dernières années, l’exécutif privilégie désormais une approche prévisionnelle et structurée. Chaque administration doit élaborer une programmation couvrant trois années, de 2027 à 2029, intégrant les besoins en recrutements, promotions, révisions statutaires, redéploiements et suppressions de postes. L’objectif est d’aligner la gestion des ressources humaines sur les priorités sectorielles et sur la soutenabilité des finances publiques.
La circulaire prévoit également un suivi numérique centralisé. Tous les départements sont tenus d’intégrer leurs données dans un système d’information unifié, géré par la Direction du Budget, permettant un suivi en temps réel de la programmation et de l’exécution des dépenses. Chaque mois, avant le dixième jour, les ordonnateurs doivent transmettre des informations détaillées sur l’exécution des dépenses, le coût des opérations réalisées, les prévisions pour le reste de l’exercice et le bilan par programmes et régions. Cette démarche marque un tournant culturel pour l’administration, traditionnellement habituée à des arbitrages annuels ponctuels.
Pour calculer la masse salariale prévisionnelle, la circulaire distingue deux leviers : d’une part, les dépenses permanentes des fonctionnaires et agents, estimées à partir des dépenses effectivement exécutées hors arriérés ; d’autre part, l’impact des régularisations programmées, comme les recrutements, les promotions et les révisions salariales, calculé sur une base annuelle. Les opérations de l’année N+1 intègrent les arriérés uniquement si elles sont accompagnées d’un calendrier précis et d’une quantification des bénéficiaires. Cette méthodologie oblige les administrations à sortir de l’improvisation et à garantir la précision dans leurs prévisions.
Le gouvernement insiste également sur la régularité des commissions administratives paritaires et sur la coordination avec la Trésorerie Générale du Royaume et la Direction du Budget. En centralisant les informations et en associant planification et contrôle, l’État entend instaurer une discipline renforcée, améliorer la transparence et garantir la redevabilité des administrations, tout en préservant la qualité du service public.
Cette réforme constitue un tournant pour la fonction publique marocaine. Elle traduit la volonté de concilier exigence budgétaire et efficacité administrative, en inscrivant la gestion des ressources humaines dans une logique de prévision, de suivi et de contrôle continu. L’anticipation devient ainsi l’outil central pour une administration plus rationnelle, transparente et performante, capable de répondre aux défis financiers et opérationnels de l’État.
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