Pourquoi le Maroc inspire la FAO dans la modernisation agricole
Le Maroc confirme sa position de modèle régional dans la transformation des systèmes agroalimentaires, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Lors d’un panel organisé à Meknès dans le cadre de la 18e édition du Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM), le représentant de la FAO au Maroc, Alexandre Huynh, a salué les avancées du Royaume dans ce domaine stratégique.
Selon lui, le Maroc fait partie des pays qui progressent de manière concrète dans la modernisation de leurs systèmes agroalimentaires, au point de devenir une référence en matière de coopération Sud-Sud. Il a souligné que cette évolution repose sur une vision de long terme, portée notamment par la stratégie Génération Green, qui permet au pays de maintenir ses objectifs malgré les fluctuations économiques et climatiques.
Le responsable de la FAO a également insisté sur l’importance de la coordination entre les différents secteurs concernés. Il a expliqué que la réussite de cette transformation dépend d’une organisation efficace entre agriculture, industrie, santé et environnement, un chantier que le Maroc continue de renforcer.
De son côté, la directrice de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), Lamiae Ghaouti, a présenté plusieurs études consacrées à neuf filières stratégiques, parmi lesquelles le blé, les légumineuses, les agrumes, les tomates et l’huile d’olive. Ces travaux visent à identifier les principales pertes après récolte et à proposer des solutions adaptées pour réduire le gaspillage alimentaire.
Elle a rappelé que près de 24 % des calories produites dans le monde sont perdues ou gaspillées, tandis que le gaspillage alimentaire représente entre 8 % et 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Dans cette perspective, elle a mis en avant plusieurs pistes d’amélioration, comme l’optimisation du transport, le développement de nouvelles techniques de conservation et la valorisation des sous-produits agricoles.
Concernant les fraises, dont les pertes post-récolte peuvent atteindre 30 %, elle a évoqué des solutions innovantes telles que l’atmosphère modifiée, l’enrobage bioactif ou encore le séchage, afin de prolonger la durée de conservation et de limiter les pertes économiques.
L’INRA inscrit ces recherches dans ses programmes 2025-2028 menés sous l’égide du ministère de l’Agriculture, en partenariat avec la FAO et la Banque mondiale. L’objectif est de renforcer la production nationale, préserver les ressources naturelles et accélérer la transition vers des systèmes alimentaires plus durables.
La responsable du Programme national de nutrition au ministère de la Santé et de la Protection sociale, Hasnae Gamih, a pour sa part présenté la stratégie nationale multisectorielle de nutrition 2024-2030. Celle-ci vise à intégrer davantage la dimension nutritionnelle dans les politiques agricoles, tout en renforçant la coopération entre les secteurs de la santé, de l’agriculture et de la société civile.
Le SIAM, qui se poursuit à Meknès jusqu’au 28 avril, réunit cette année plus de 1 500 exposants issus de 70 pays, confirmant son statut de rendez-vous majeur pour les acteurs du secteur agricole en Afrique et dans le monde.
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