Acier : le Maroc envisage de lourdes sanctions contre les importations égyptiennes
Les autorités de Maroc s’apprêtent à franchir une nouvelle étape dans la protection de leur industrie sidérurgique. À l’issue d’une enquête approfondie ouverte en 2024, le ministère de l’Industrie et du Commerce a conclu à l’existence de pratiques de dumping sur les importations de tôles d’acier laminées à froid en provenance de Égypte. Cette décision pourrait déboucher sur l’imposition de droits antidumping particulièrement élevés, atteignant jusqu’à 84,39 %, selon les exportateurs concernés.
L’enquête, lancée en octobre 2024, s’est concentrée sur les tôles d’acier laminées à froid, des produits plats utilisés dans plusieurs secteurs industriels, notamment le bâtiment, l’électroménager ou encore les équipements de ventilation. Ces produits, présentés sous forme de bobines ou de feuilles découpées, occupent une place stratégique dans la chaîne de production industrielle. Les conclusions des autorités marocaines mettent en évidence une progression significative des importations égyptiennes, tant en volume qu’en part de marché, dans un contexte marqué par des capacités de production excédentaires chez certains exportateurs.
Face à cette concurrence accrue, la production locale a subi des pressions importantes. Plusieurs indicateurs économiques et financiers témoignent d’une dégradation de la situation, notamment une baisse de compétitivité et un recul des performances globales du secteur. Les autorités estiment que les importations à bas prix constituent la principale cause de cette vulnérabilité, écartant l’impact déterminant d’autres facteurs. Cette analyse établit ainsi un lien direct entre les pratiques de dumping et les difficultés rencontrées par l’industrie nationale.
À la suite de la réunion de la Commission de surveillance des importations tenue le 10 avril 2026, le gouvernement marocain envisage l’application de droits antidumping définitifs, différenciés selon les opérateurs. Le taux proposé s’élève à 60,40 % pour le groupe Kandil Steel et ses entités affiliées, tandis qu’il pourrait atteindre 84,39 % pour les autres producteurs et exportateurs égyptiens. L’objectif affiché est de rétablir des conditions de concurrence jugées équitables sur le marché national.
Les autorités précisent que l’ensemble de la procédure a été conduit conformément à la loi n°15-09 relative aux mesures de défense commerciale. L’enquête, officiellement clôturée le 13 avril 2026, s’inscrit dans un cadre juridique strict encadrant les pratiques antidumping au Maroc, depuis l’ouverture de la procédure jusqu’à la détermination finale.
Cette démarche fait suite à une requête déposée par Maghreb Steel, unique producteur local de ce type de tôles, qui avait alerté sur une hausse rapide des importations égyptiennes à bas prix depuis 2022. Selon l’industriel, ces flux avaient eu un impact direct sur ses ventes et sa rentabilité. Les conclusions rendues publiques viennent ainsi clore un processus engagé depuis plus d’un an, en confirmant l’existence de pratiques de dumping et leurs effets sur le marché marocain.
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