Bank Al-Maghrib réduit les frais d'interchange pour accélérer les paiements électroniques
À compter du 1er octobre 2026, une nouvelle réglementation de Bank Al-Maghrib (BAM) modifiera en profondeur le fonctionnement des paiements électroniques au Maroc. En abaissant les plafonds des frais d'interchange appliqués aux transactions domestiques, la Banque centrale entend réduire le coût d'acceptation des cartes bancaires pour les commerçants, favoriser la digitalisation des paiements et renforcer l'utilisation des moyens de paiement électroniques dans l'économie.
Cette décision, signée le 6 juillet 2026 par le gouverneur Abdellatif Jouahri, remplace le dispositif réglementaire adopté en septembre 2024. Elle s'inscrit dans la continuité des concertations menées avec le Conseil de la concurrence afin d'adapter les règles encadrant les commissions monétiques aux évolutions du marché.
Un plafond revu à la baisse pour les transactions domestiques
La principale évolution concerne le plafond général des frais d'interchange, qui passe de 0,65 % à 0,50 % hors taxes de la valeur de chaque transaction. Cette réduction vise à alléger les coûts supportés par les commerçants lorsqu'ils acceptent les paiements par carte bancaire.
Au-delà de cette baisse globale, la Banque centrale introduit un dispositif préférentiel destiné à certains secteurs considérés comme stratégiques pour le développement des paiements électroniques.
Les transactions liées aux services publics numériques (e-Gov) bénéficieront désormais d'un plafond fixé à 0,15 % hors taxes. Le même taux sera appliqué aux paiements réalisés auprès des commerçants de proximité répondant aux critères définis par la nouvelle réglementation.
Les petits commerces au cœur du dispositif
La réforme cible en priorité les petites structures commerciales, considérées comme un levier essentiel pour accroître l'utilisation des paiements électroniques.
Le statut de commerçant de proximité est réservé aux points de vente indépendants dont le chiffre d'affaires annuel ne dépasse pas 500 000 dirhams pour les autoentrepreneurs, ou 2 millions de dirhams pour les activités commerciales, industrielles et artisanales relevant du régime de la contribution professionnelle unique.
En revanche, les enseignes de la grande et moyenne distribution, les réseaux de franchises, les commerces intégrés ainsi que les personnes morales ne pourront pas bénéficier de ce régime préférentiel.
Une réduction qui devra profiter aux commerçants
Bank Al-Maghrib ne limite pas son intervention à la fixation de nouveaux plafonds. Le texte réglementaire impose également aux établissements acquéreurs de répercuter cette baisse des frais d'interchange sur les commissions facturées aux commerçants, notamment pour les opérations relevant des services publics numériques et des commerces de proximité.
Afin d'assurer un suivi rigoureux de cette mesure, les établissements concernés devront transmettre régulièrement à la Banque centrale les grilles tarifaires des frais d'interchange, les commissions appliquées ainsi que les informations nécessaires au contrôle du respect de la réglementation.
Plus de transparence pour les professionnels et les consommateurs
La réforme introduit également de nouvelles obligations en matière de transparence.
Les contrats conclus entre les établissements acquéreurs et les commerçants devront présenter de manière détaillée l'ensemble des frais liés aux transactions, qu'il s'agisse des frais d'interchange, des commissions d'acquisition ou des coûts de fonctionnement.
Par ailleurs, les commerçants auront l'obligation d'informer clairement leurs clients des moyens de paiement acceptés. La réglementation rappelle également qu'aucune commission appliquée au commerçant ne pourra être transférée directement au consommateur, quel que soit le canal de paiement utilisé.
Un nouveau levier pour l'économie numérique
À travers cette réforme, Bank Al-Maghrib confirme sa volonté de renforcer l'écosystème des paiements électroniques au Maroc. En réduisant le coût des transactions, particulièrement pour les services publics dématérialisés et les petits commerces, la Banque centrale cherche à favoriser une adoption plus large des paiements par carte.
Cette évolution devrait contribuer à améliorer l'inclusion financière, encourager la modernisation des pratiques commerciales et soutenir la transition numérique de l'économie nationale. Elle rapproche également le système monétique marocain des standards internationaux en matière de transparence, de compétitivité et d'efficacité des paiements électroniques.
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