Transition énergétique : le Maroc à l’heure des choix stratégiques
Le Maroc poursuit sa transformation énergétique avec constance, porté par une stratégie engagée depuis plus d’une décennie. Les résultats sont visibles : à fin 2025, le Royaume dispose d’une capacité installée en énergies renouvelables de 4.851 mégawatts, selon les données de Agence internationale pour les énergies renouvelables. Cette progression, marquée par un développement soutenu du solaire et de l’éolien, traduit une volonté politique affirmée de diversifier le mix énergétique.
Cependant, cette avancée nationale s’inscrit dans un contexte mondial en mutation rapide. À l’échelle internationale, les énergies renouvelables représentent désormais près de la moitié de la capacité électrique installée, avec un niveau record d’ajouts en 2025. Cette dynamique globale, tirée en grande partie par le solaire, reflète un basculement structurel du secteur énergétique vers des sources plus durables.
Dans ce paysage en pleine accélération, le Maroc doit composer avec un rythme mondial particulièrement soutenu. Si sa trajectoire reste solide, elle apparaît plus progressive comparée à celle de grandes puissances comme la Chine, les États-Unis ou encore l’Union européenne, qui concentrent l’essentiel des nouvelles capacités installées. Ces acteurs redéfinissent les standards technologiques et industriels, imposant une cadence difficile à égaler.
À l’échelle du continent africain, la position du Maroc demeure néanmoins structurée et relativement avancée. Avec environ 82 gigawatts de capacités renouvelables cumulées, l’Afrique progresse, mais reste encore en retrait dans l’équilibre énergétique mondial. Cette situation conforte le rôle du Royaume comme acteur clé, tout en révélant les limites d’un environnement régional encore peu intégré.
Au-delà des volumes de production, les défis évoluent. L’essor des énergies renouvelables pose des questions de plus en plus complexes liées à l’intégration dans les réseaux électriques. La gestion de l’intermittence, la flexibilité des systèmes et la capacité à absorber une production variable deviennent des enjeux centraux. Produire davantage ne suffit plus : il faut désormais optimiser l’ensemble de la chaîne énergétique.
Dans cette perspective, le Maroc est appelé à franchir un nouveau cap. Le développement des infrastructures de réseau, le renforcement des capacités de stockage et l’exploration de nouvelles filières comme l’hydrogène vert s’imposent comme des priorités. Dans un monde où la transition énergétique devient un levier de souveraineté économique, la capacité du Royaume à adapter son modèle déterminera la solidité de son positionnement à long terme.
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