Crypto-monnaies au Maroc : vers une régulation stricte avec la future loi 42-25
Alors que le projet de loi 42-25 se profile à l'horizon pour réguler un marché numérique en pleine explosion, les autorités marocaines durcissent le ton. Entre contrôles fiscaux ciblés et surveillance accrue des flux de capitaux, le Royaume cherche à reprendre la main sur une économie virtuelle qui séduit déjà des millions de citoyens.
Le vent tourne pour les utilisateurs de monnaies virtuelles au Maroc. Longtemps tolérée dans une zone grise malgré une interdiction de principe, la possession de cryptoactifs fait désormais l'objet d'une surveillance administrative active. Récemment, une mise en demeure adressée à un particulier pour des avoirs numériques non déclarés à l'étranger a marqué les esprits. Sommé de justifier ses transactions sous trente jours, ce détenteur illustre la nouvelle doctrine de l'État : pister les capitaux qui contournent les circuits financiers traditionnels.
Un paradoxe entre interdiction et adoption massive
La fermeté de Bank Al-Maghrib et de l’Office des Changes se heurte à une réalité de terrain spectaculaire. En 2025, près de 16 % de la population marocaine — soit environ 6 millions de personnes — détenaient des actifs numériques. Cette adoption galopante, portée par une jeunesse hyper-connectée et l'attrait de gains spéculatifs rapides, inquiète les régulateurs.
Au-delà de la « volatilité extrême » des cours pouvant engendrer des pertes sèches pour les épargnants, les autorités pointent des risques systémiques. En décembre 2025, des unités de surveillance spécialisées ont été déployées pour contrer les menaces de blanchiment d'argent et de financement illicite. Le message est clair : tant que le cadre légal n'est pas effectif, toute transaction virtuelle demeure une infraction.
La loi 42-25 : le Maroc s'aligne sur les standards internationaux
Conscient que le simple bannissement ne suffit plus face à la dématérialisation des échanges, le Maroc accélère la mise en place du projet de loi 42-25. Ce futur cadre juridique, élaboré en concertation étroite avec le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque mondiale, marque une rupture.
Inspiré par le règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets) et les directives du G20, ce texte prévoit une supervision conjointe de la Banque Centrale et de l'Autorité Marocaine du Marché des Capitaux (AMMC). L'objectif est double : imposer une transparence totale sur les transactions et soumettre les prestataires de services à des règles de conformité strictes.
En préparant cette transition, le Royaume espère transformer un marché "sauvage" en un écosystème régulé, capable de protéger les investisseurs tout en préservant la souveraineté monétaire du pays.
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