Législatives en Bulgarie : Roumen Radev s'impose avec une majorité absolue
Le paysage politique bulgare connaît un séisme majeur. Selon les résultats partiels publiés ce lundi 20 avril 2026 par la Commission électorale centrale, l'ancien président Roumen Radev a largement remporté son pari. Sa coalition, « Bulgarie Progressiste », domine le scrutin législatif avec 44,58 % des suffrages (sur 60,79 % des bulletins dépouillés), une performance qui redessine les équilibres au sein du pays le plus pauvre de l’Union européenne.
Une majorité absolue pour briser l'instabilité
Âgé de 62 ans, l’ancien général de l’armée de l’air, qui avait démissionné de la présidence en janvier dernier pour redescendre dans l'arène parlementaire, est en passe de décrocher au moins 132 sièges sur les 240 que compte l'Assemblée. Ce succès éclatant pourrait enfin mettre un terme à une crise institutionnelle sans précédent : les Bulgares étaient appelés aux urnes pour la huitième fois en seulement cinq ans.
Le discours de Roumen Radev, mêlant une intransigeance anticorruption à une posture diplomatique pragmatique vis-à-vis de Moscou, a provoqué l'effondrement de ses rivaux :
- Les libéraux du PP-DB arrivent en deuxième position avec 14,26 %.
- Les conservateurs du GERB, menés par l'ex-Premier ministre Boïko Borissov, s'effondrent à 13,01 %.
« L'espoir sur la défiance » : un électorat mobilisé
Signe d'un regain d'intérêt pour la chose publique, la participation a franchi la barre des 50 %, un niveau inédit depuis 2021, contrastant avec l'apathie de 2024 où seuls 39 % des électeurs s'étaient déplacés. « C’est une victoire de l’espoir sur la défiance », a clamé le vainqueur devant une foule enthousiaste à Sofia, promettant de rompre avec le « modèle oligarchique ».
Le politologue Teodor Slavev souligne que Roumen Radev a réussi un tour de force en siphonnant les voix de la droite radicale pro-Kremlin (Vazrazhdane) tout en attirant des déçus des partis pro-occidentaux, séduits par sa stature d'homme fort.
Un équilibre délicat entre Bruxelles et Moscou
Si la victoire est nette, elle soulève des interrogations dans les chancelleries européennes. Bien que Roumen Radev assure vouloir maintenir la trajectoire européenne de la Bulgarie, il prône un « pragmatisme » accru. Sur la question ukrainienne, il s'aligne sur les positions de la Hongrie et de la Slovaquie, s'opposant à l'envoi d'armes au nom des intérêts économiques de son pays.
Toutefois, conscient des bénéfices liés à l'adhésion au bloc communautaire depuis 2007, il a précisé qu'il n'entendait pas faire usage d'un droit de veto systématique à Bruxelles. Une nuance qui ne rassure qu'à moitié une partie de la société civile bulgare, inquiète de voir le pays dévier de son ancrage atlantiste traditionnel.
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